Jovenel Moïse promet une « prime » aux juges mal payés

Jovenel Moïse promet une « prime » aux juges mal payés

Par Obed Lamy | Loop Haiti

L’information est rapportée par l’un de ses conseillers. « […] certains juges ont un salaire dérisoire, en attendant une évaluation salariale, le président envisage une prime pour certains d’entre eux. » Guichard Doré résumait au Nouvelliste la réunion déroulée à huit clos dans la nuit du mardi dernier entre Jovenel Moïse et les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ).

Le fil rouge des discussions a été les conditions de travail des juges et la situation des tribunaux. Ayant été également présent au Palais national, Noé Pierre-Louis Massillon, membre du CSPJ, a révélé en détail au quotidien les autres points discutés : « La reconstruction des tribunaux, des véhicules de service pour les juges, la certification et le renouvellement du mandat des juges, le budget, la modernisation du système judiciaire avec des constructions modernes. »
Selon lui, « il s’agissait d’une rencontre d’harmonisation entre le pouvoir et le CSPJ. »

Pourtant, fin décembre 2017, ils ont boudé une invitation du chef de l’Etat, outrés par les declarations de ce dernier à Paris, faisant croire qu’il avait nommé sous contrainte une cinquantaine de juges soupçonnés de corruption.

Un extrait des déclarations de Jovenel Moïse : « Le CSPJ m’a confié une liste de juges, car vous savez que c’est le président de la République qui doit signer, a expliqué le chef de l’État. Etant donné que j’avais appris qu’il y avait un vetting (enquête) en cours, j’attendais le rapport avant de signer. De mes sources, j’ai appris qu’il y avait une cinquantaine de juges soupçonnés de corruption. J’ai attendu pendant un mois. Il [le rapport] ne m’est jamais parvenu, jusqu’à aujourd’hui. C’est à la radio que j’ai appris que je ne voulais pas publier la liste des juges. Cela a provoqué une grève au niveau de la justice. Je n’avais pas le choix, j’étais obligé de publier la liste… Ce sont les mêmes qui font leurs propres vetting. Kase fèy kouvri sa… ».

Il semble que le président et les juges ont enterré la hache de guerre. « Il a fait savoir qu’il n’a aucun problème avec la justice de son pays… », rassure Me. Massillon.
La rencontre entre les pouvoirs exécutif et judiciaire a débouché sur du concret : la formation d’une commission travailler sur un « contrat plan » devant permettre de moderniser l’appareil judiciaire. Composée de deux conseilleurs du président, du commissaire du gouvernement et des représentants du CSPJ, elle devra soumettre son rapport dans un délai de deux mois et demi.

 

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