Police municipale oui, Milice municipale non!

La police municipale existe en France depuis 1254. La Loi du 15 avril 1999 la renforce davantage. Au delà d’être légale, sa structure administrative se veut une démarcation de la politique. Grâce à cela, elle atteint son objectif d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et les salubrités publiques.

En effet, ce n’est pas une police municipale politisée, mais plutôt administrée par des directeurs de police municipale, des chefs de service de police municipale, des agents de police municipale et des gardes champêtres.

La police française est rattachée au ministère de l’intérieur, à lorsque la police haïtienne est sous l’autorité du ministère de la Justice. Donc, ce sont deux structures différentes. Pour cela, en imitant la police municipale de la France, il faut faire très attention à son application en Haïti pour ne pas retomber dans les expériences de ‘’Tonton Makout’’.

 

À noter que ce n’est pas le maire qui est le directeur de la police municipale en France. Si c’était le cas ce serait de la pure démagogie car une police sous le contrôle du maire serait politisée et se convertirait en milice pour réprimander les manifestations populaires, attaquer les journalistes et les militants qui critiquent les activités liées à la gestion de la commune.
Par conséquent, la population haïtienne de toutes les communes ne doit pas accepter une police municipale dont le directeur général serait le maire et les agents de police des bandits du maire. Il faut qu’il y ait un processus de recrutement public par un organe légal extérieur à la mairie pour éviter de la partisannerie et la politisation de la police municipale. Après la sélection, les noms des personnes qui deviendront agents de police municipale devront être communiqués au public pour appréciation.

Ces personnes devraient recevoir des formations solides dans une académie de police pour s’assurer qu’ils aient des connaissances techniques adéquates pour mieux servir la population. Déplus, la société civile doit exiger l’instauration d’un code de procédure pénale qui définit le rôle des policiers municipaux au cas où ils commettraient des mauvaises actions dans l’exercice de leur fonction.
Si pour le porte-parole de la mairie de Petit Goâve il n’existe pas de police sans arme, alors, la population doit surveiller à ce que sa police municipale ne soit politisée, afin d’éviter des chocs en retour.

Johny Hilaire
Master en Administration Publique et Politique Publique
Allemagne
johny.hilaire@uni-erfurt.de

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