Etats-Unis: débat à couteaux tirés chez les républicains, Trump en difficulté

Il ne reste plus que quatre candidats républicains dans la course à l’investiture et le débat qui s’est déroulé jeudi soir, à Détroit, est intervenu alors que le « Grand Old Party » est en crise et que des personnalités telles que l’ancien candidat à la présidentielle, Mitt Romney, appellent à faire barrage à la progression de Donald Trump. Le ton des échanges a été très agressif.

Jamais le ton n’avait été aussi agressif, et jamais Donald Trump n’avait été mis en difficulté comme cette nuit, a constaté notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Le leader dans les sondages a été attaqué par les autres candidats sur nombre de dossiers : son université qui fait face à une class action, un procès, intenté par 5 000 anciens étudiants ; le fait que certaines entreprises Trump emploient des étrangers et parfois des étrangers sans papiers ; ses changements de positions sur certains sujets, « ses mensonges » ont même insisté les candidats Cruz et Rubio. Et bien sûr, ses rivaux l’ont attaqué sur sa vulgarité.

Sur sa manière de conduire les affaires, Donald Trump a vivement réagi : « Vous n’avez jamais employé une personne de votre vie. J’ai employé des dizaines de milliers de personnes. » Sur son université, il s’est fendu plus tard d’un tweet pour prouver sa bonne gestion.

 Il a eu en revanche plus de mal lorsque ses adversaires l’ont mis en face de ses contradictions. D’abord sur des chèques envoyés à diverses campagnes d’Hillary Clinton, par le passé. « C’était pour les affaires. » Puis sur ses réelles positions sur l’immigration. Le richissime homme d’affaires aurait confié au New York Times, en « off », qu’il serait flexible sur le sort des clandestins, alors qu’il a toujours promis de les expulser. A plusieurs reprises, il a refusé d’autoriser le quotidien à diffuser le fameux enregistrement.

Les « petites mains » de Trump

Le milliardaire était hier soir manifestement très contrarié par ces attaques, et ses réponses n’ont pas toujours relevé le niveau. Pour exemple, cette réplique peu gracieuse au candidat Rubio, qui a parlé de ses « petites mains » : « Regardez mes mains, est-ce que ce sont des petites mains ? Et il a dit que si mes mains étaient petites, j’avais autre chose de petit. Je vous le garantis, je n’ai aucun problème dans ce domaine… »

Pour la première fois dans un débat où, d’ordinaire, il est très à l’aise, le favori a semblé en difficulté.

Néanmoins, ses trois adversaires du moment – Marco Rubio, Ted Cruz et John Kasich – se sont engagés, s’il était désigné par le parti pour briguer la Maison-Blanche, à le soutenir. De son côté, Trump a promis de ne pas se présenter en tant que candidat indépendant s’il n’était pas choisi. De quoi affaiblir le front « anti-Trump » qui se construit à l’intérieur même du parti.

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