Etats-Unis: Clinton et Sanders jouent des coudes pour la primaire de New York

A cinq jours de l’importante étape de New York dans le processus des primaires américaines, Hillary Clinton et Bernie Sanders ont croisé le fer lors d’un débat particulièrement animé, jeudi 14 avril 2016. Cet Etat est particulier pour les deux candidats. Bernie Sanders vient de Brooklyn, et Hillary Clinton a été sénatrice de New York. Les deux rivaux démocrates se sont justement rencontrés dans leur ville de prédilection.

De notre correspondant à WashingtonJean-Louis Pourtet

Bernie Sanders a attaqué le premier, mettant en doute la capacité de jugement de sa rivale, pour avoir voté en faveur de la guerre en Irak, pour des accords commerciaux « désastreux », dit-il, et surtout pour ses accointances avec Wall Street qui, estime-t-il, l’empêcheront de combattre ses excès si elle est élue.

Mais Hillary Clinton, loin de se laisser attaquer sur la question de l’indépendance vis-à-vis des lobbies, a également porté quelques mauvais coups à son adversaire, notamment sur la question du contrôle des armes, où M. Sanders, qui représente un Etat rural, est plus tolérant.

Les deux candidats se sont affrontés sur le changement climatique, le salaire minimum, l’université gratuite, et aussi la politique étrangère. L’ex-secrétaire d’Etat a dû défendre l’intervention en Libye, alors que Bernie Sanders est par principe contre les renversement de régime.

Le sénateur du Vermont veut en revanche, un peu comme Donald Trump, que les pays de l’Otan paient une plus large partie de la facture. Dans le conflit israélo-palestinien, il souhaite par ailleurs que les Etats-Unis adoptent une position plus équilibrée, alors qu’Hillary Clinton est à fond derrière Israël.

Ce que ce débat a mis en lumière, c’est que Bernie Sanders est un idéaliste, qui veut changer le monde, alors qu’Hillary Clinton est une réaliste, qui sait ce qui est possible et évite les fausses promesses. Qui a gagné, qui a perdu ? C’est probablement un match nul.

Mais pour le sénateur Sanders, qui reste loin derrière sa rivale en termes de délégués, il aurait sans doute fallu plus. Il détient 1 087 délégués selon le dernier décompte du New York Times, contre 1 307 pour l’ancienne secrétaire d’Etat, sans compter les « super délégués » (469 contre 31).

Quelque 291 voix seront en jeu dans l’Etat de New York mardi 19 avril côté démocrate. Les républicains voteront le même jour, pour départager 95 délégués entre les candidats encore en lice, à savoir Ted Cruz, John Kasich et Donald Trump.

RFI

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