Haïti – FLASH : Vers le recrutement des premiers militaires

«Qui imagine un seul instant la possibilité de l’assassinat du chef de l’Etat?»

Les tollés et les remous enregistrés, au cours de cette semaine par une lettre du Ministre de l’intérieur, adressant au Ministre de l’économie et des finances la demande d’une somme de cent millions (100.000.000.00) gourdes en quête de mobilisation de fonds relatif aux activités de renseignement – durant toute une période où il est prévu, que le gouvernement aura beaucoup d’activités à organiser : allant de la fête du travail le 1er Mai, au lancement de la caravane présidentielle du changement, vers la fête du drapeau et plus – semblent injustement mal appréhender par certains citoyens et des détracteurs politiques à l’affût d’informations ,destinées, sans tenir compte des détails, à déstabiliser l’image de l’Etat, l’affaiblir et rendre tous ses faits et gestes doutables, questionnables, soupçonnables pour ainsi dire, fragiliser le mieux que possible l’image de la jeune administration au tribunal de l’opinion publique.

Vu l’importance de l’affaire, il y’a des dossiers dont le traitement ne frappe jamais d’anachronisme.

L’attaque contre le cortège présidentiel à l’arcahaie, est une scène qui n’est ni plus ni moins «qu’une crise de sécurité nationale ». Apres cette tentative, qualifiée par exagération de langage, par plus d’un d’acte de terroriste, il est évident que le gouvernement cherche à se donner les moyens à court terme, pour garantir un climat sécuritaire, en changeant de stratégie en terme de capacité réelle à renforcer le renseignement, prévenir les attaques et anticiper sur les événements quels qu’ils soient.

La teneur de la lettre du Ministre de l’intérieur adresser à son homologue du ministère de l’économie et des finances, prend en compte le volume d’activités prévues et la triste réalité dans laquelle, le président s’est retrouvée il y’a environ une dizaine de jours sur la route nationale numéro 1.

Alors, pourquoi autant d’agissements de ce dossier sur les réseaux sociaux ? La vie du président de la république, n’a-t-elle aucune importance aux yeux de certains citoyens Haïtiens ? Où, sommes-nous devenus à ce point insensibles, insouciants et désinvoltes au point de ne pas comprendre que la sécurité présidentielle est d’une importance capitale pour tous les pays du monde moderne et devrait l’être pour Haïti également ?

A tort et à travers, on parle de la modique somme sollicitée par le ministère de l’intérieur. Partout, les émois et les cris d’indignations se font retentir, laissant entendre par-là, le même président qui prend des mesures pour baisser le train de vie de l’Etat, serait de connivence à une demande faite par un ministère de son gouvernement pour dilapider les fonds du trésor public, alors que le signal envoyé au début est tout le contraire d’une telle attitude.

Il faut, en effet, voir la chose d’un œil objectif. D’une part, Haïti n’est pas le seul pays au monde à avoir une vision du renseignement et des dispositifs de sécurité présidentielle comme étant une question hautement stratégique. Si on s’en tenait qu’aux faits, nous pouvons prendre en exemple, des semaines d’interrogations consécutives de la presse américaine concernant le train de vie de l’actuel président des Etats-Unis Donald Trump qui de loin dépasse son prédécesseur pas rapport a ce que, lui et sa famille coûtent aux contribuables américains… Dans une large mesure, Haïti n’est pas les Etats-Unis, mais vous attirer l’attention sur, dit-on, la plus grande démocratie, me semble salutaire comme démarche.

D’autre part, si le jeu de la perception favorise le flou et les interprétations de toute sorte, les faits historiques sont là, dans les archives de la mémoire de ceux qui ne sont pas amnésiques, pour témoigner avec véracité sur une base comparative, cette demande de cent (100.000.000.00) de gourdes – justifiable-  et bien d’autres, précédentes.

Prenons un exemple récent.

Qui se souvient, sur l’administration Privert- Jean Charles, les trois cent cinquante (350.000.000.00) gourdes décaissées pour les cartes de cadeaux anonymes ? Qui en étaient les bénéficiaires ? Où ont-ils bénéficiés de ces cartes ? Autant de question qui reste sans réponse et qui sans doute, ne trouverait jamais de réponse faute d’une enquête minutieuse qui aurait pour but de faire jaillir l’éclatante lumière constante de la vérité.

En y réfléchissant, je crois comprendre que la lettre qui est en circulation sur les réseaux sociaux est un document administratif. Son objectif n’a pas été celui d’informer le grand public, mais de maintenir une correspondance dynamique entre les ministères dans le cadre de leur rapport interdépendant. Fort de cette logique, il y’ a lieu de poser l’interrogation : Comment l’accusé de réception est-il disponible et fait objet d’autant de débats dans l’opinion ? Comment ? Oui. Où sont passé les principes déontologiques liés à la fonction publique ?

À vous de jouer Messieurs et Mesdames les ministres du gouvernement.

Ah ! En Parlant de déontologie, je reviens par ricochet à la question centrale, à savoir, la question de la « sécurité »…

N’est-ce pas la le signe clair que, l’Etat lui-même est incapable de garder et préserver confidentiellement des documents sensibles, susceptibles de mettre en péril, parfois à tort, la crédibilité des autorités qui exercent une fonction dans le cadre du service public.

Somme toute, il faut admettre le postulat clair, que le renseignement dans un pays est plus que vital pour les autorités dans leur poursuite de garantir la sécurité des citoyens et celle de protéger la vie du président. Car, qui se capitalise sur l’histoire, sait avec certitude, la vie d’un président en exercice de fonction est mille fois plus menacée par toute forme d’attaques de fanatiques farouches que n’importe qui d’autre.

Qui, parmi ceux qui font passer leur limite et leur ignorance sur la question de sécurité, imaginerait un instant, la possibilité d’un attentat visant la vie du président et les membres de sa famille ? Qui oserait imaginer une chose pareille? Et pourtant, c’est bien possible !

Alors, à ce stade des débats, où les forces militaires de l’ONU se préparent pour laisser Haïti, considérant notre histoire, bondée d’actes de déstabilisation politique, j’en déduis, sans soucie de dramatiser l’événement plus que sa portée réelle : il ne fallait pas attendre le signal de l’Arcahaie pour nous faire voir et comprendre l’urgente nécessité de renforcer notre système de défense et de renseignement.

Aux détracteurs de tout acabit, je termine pour dire, comme Leslie Francois Manigat l’eût dit : « Soyons sérieux ».

Junior LOUIDOR

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