Politique : De récentes décisions du gouvernement d’Haïti, préjudiciables aux intérêts de la communauté internationale, selon Miami Herald

P-au-P, 03 avril 2017 [AlterPresse] — Une série de décisions « avant-gardistes » prises par le nouveau gouvernement haïtien sont en désaccord avec la volonté de la communauté internationale, souligne un article du journal américain, le Miami Herald, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette attitude pourrait gravement nuire aux relations d’Haïti avec la communauté internationale, notamment les États-Unis, avance-t-il, dans l’article titré : « le gouvernement haïtien rejette les priorités des États-Unis ».

Le quotidien américain cite, en premier lieu, le refus du président élu, Jovenel Moïse, de renouveler le mandat de Gustavo Gallon, expert indépendant des Nations Unies pour la situation des droits humains en Haïti.

Vient ensuite la nomination de Jeantel Joseph, président du parti Consortium, au poste de secrétaire d’État à la sécurité publique. Le Consortium est le parti auquel appartient l’ancien officier Guy Philippe, accusé de trafic de drogue et détenu aux États-Unis.

Le Miami Herald évoque aussi la prise de position récente de Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, ambassadeur d’Haïti à l’Organisation des états américains (Oea), contre la tentative de l’organisation de sanctionner arbitrairement le Venezuela.

Cette prise de position, contraire au message que les États-Unis voulaient envoyer, a exaspéré le sénateur républicain de la Floride, Marco Rubio.

Ce dernier a averti le gouvernement haïtien que celui-ci risquait de perdre l’aide des États-Unis s’il ne parvenait pas à se rapprocher du grand voisin.

Le vote haïtien à l’Oea est « honteux », affirme-t-il, dans un tweet.

Haïti s’est montré défavorable aux sanctions demandées contre le Venezuela à l’Oea, notamment son expulsion.

Rubio a demandé au pays de se ranger du côté des États-Unis, favorables à de telles mesures.

« Le président Moïse va devoir décider rapidement s’il veut faire face aux pires tyrans de l’hémisphère occidental, ou s’opposer aux droits humains et à la démocratie », a déclaré Rubio au Miami Herald.

« Il a mis en danger l’aide américaine à son pays, et s’il ne modifie pas son approche en matière de politique étrangère, il se trouvera bientôt avec moins d’amis en Floride et à Washington », poursuit-il.

Robert Fatton, un expert haïtien à l’Université de Virginie, a déclaré que « Les États-Unis sont toujours le pouvoir hégémonique et être en opposition à leurs politiques peut avoir un coût ». « Il me semble que … le gouvernement de Moïse risque de se mettre à dos les États-Unis ».

L’agence américaine pour le développement international est le plus grand donateur d’Haïti depuis le séisme qui a frappé le pays en 2010, rappelle le journal.

Le gouvernement des États-Unis a mis à disposition d’Haïti 4,8 milliards de dollars pour l’aide humanitaire, dont 3,3 milliards de dollars pour l’aide au rétablissement, à la reconstruction et au développement.

Mais les besoins d’Haïti vont bien au-delà de ce financement.

Haïti souffre toujours d’un grave ralentissement économique, d’une épidémie de choléra et d’une crise alimentaire dans les régions touchées par l’ouragan Matthew les 3 et 4 octobre 2016.

Entre-temps, les Nations Unies se préparent à retirer leurs troupes de maintien de la paix, après 13 ans passées au pays.

Pour Fatton, le manque d’expérience peut faire partie du problème.

Le président est nouveau au pouvoir, de même que beaucoup de ses conseillers les plus proches, y compris le premier ministre Jack Guy Lafontant.

Selon le journal, Jovenel Moïse a déjà montré un mépris pour les priorités des États-Unis dans le passé, en faisant campagne ouvertement avec Guy Philippe durant l’année 2016, en dépit d’un acte d’accusation en 2005 contre ce dernier pour trafic de drogue et blanchiment d’argent.

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