Fraîchement élu, le recteur Fritz Deshommes vivement contesté par les universitaires

NOTE DE PRESSE

Objet : Réaction suite à la tenue des « élections « illégitimes et contestées du Conseil Exécutif, le 17 mai 2016 à la tête de l’UEH

Nous, Doyens, Professeurs et Etudiants, signataires de la présente, avons appris, par la presse, qu’un nouveau Conseil Exécutif aurait été élu à la tête de l’Université d’Etat d’Haïti, le mardi 17 mai 2016. Nous déplorons vigoureusement le fait que ces « élections » aient été organisées en clandestinité par des subterfuges et ruses en dehors de tout cadre réglementaire et tout principe d’éthique qui devraient caractériser l’UNIVERSITÉ.

Nous regrettons amèrement que ces « élections » réalisées dans l’irrespect des normes fixées à l’avance vont contribuer à enfoncer davantage l’UEH dans la crise et vilipender son image sur le plan national et international.

Il est important de rappeler que l’élection de ce « nouveau Conseil » vient d’être réalisée sur fond de contestation et de dénonciation exprimées sous plusieurs formes venant de divers membres de la communauté de l’UEH et de la société civile. Ayant estimé que l’ancien Conseil Exécutif était incapable de répondre adéquatement aux problèmes liés aux conditions de travail et à la qualité de l’enseignement fourni à l’UEH, les acteurs-protestataires réclamaient l’épuration et la crédibilisation de ce processus électoral entaché de toute sorte d’irrégularités, de clientélisme et de partialité au profit du Vice-recteur sortant, M. Fritz Deshommes. Ainsi, exigeaient-ils la mise en place d’une Commission électorale aux fins de garantir à la tête de l’UEH la présence des dirigeants légitimes et crédibles. La Commission électorale de M. Rogeda Dorce Dorcil et de M. Wilson Dorlus a affiché impunément, au vu et au su de tous, sa partialité pour conserver à tout prix un compétiteur, M. Fritz Deshommes, sur la liste des candidats agréés, alors que son dossier n’était pas recevable pour absence de l’original de diplôme de Maîtrise. Les protestataires estimaient qu’il est intolérable, en 2016 que celui qui s’apprêtait à devenir Recteur de l’UEH, la plus ancienne et importante Université du pays et qui est appelé à signer les diplômes de maîtrise et de doctorat n’a pas non seulement le grade de doctorat, et qui plus est, ne peut pas non plus montrer à la Commission électorale l’original de son diplôme de maitrise, tel qu’il est demandé par la Charte électorale. La violation est GRAVE et Gravissime!


Nous, les signataires de la présente, sommes profondément consternés de voir qu’un tel niveau de carence d’éthique et de respect de normes s’installe au plus haut sommet de l’UEH. Nous sommes sidérés de constater que des universitaires, membres de la plus haute instance de l’UEH, ne se préoccupent pas du rôle avant-gardiste de l’Université qui devrait être un modèle dans l’organisation des élections transparentes et exemptes de toutes suspicions de fraudes pouvant accoucher des dirigeants contestés à l’avance.

Aussi, par la présente, voulons-nous contester les ″élections″ du mardi 17 mai 2016 pour les faits susmentionnés et dénoncer énergiquement la Commission électorale qui, en complicité avec l’ancien CE et des membres du CU, a violé systématiquement les Dispositions Transitoires et la Charte Electorale tout au long du processus, afin de pérenniser arbitrairement à la tête du Rectorat les mêmes figures constituant une équipe stagnante pour garder l’Université d’Etat d’Haïti dans son état archaïque.

A titre d’illustration, nous rappelons quelques exemples de violation d’articles avec faits à l’appui:

1. Le Président et le Secrétaire Général de la Commission centrale électorale (CCE) sont accusés de partialité au profit de l’ex Vice-recteur à la Recherche, Monsieur Fritz Deshommes. Ils sont dénoncés pour cause de partialité par deux autres membres de la même Commission électorale. Ils ne sont pas renvoyés de la CCE, alors qu’ils étaient reconnus coupables. (Article 6 de la Charte)

2. L’ex Vice-recteur à la Recherche, Monsieur Fritz Deshommes, est aujourd’hui encore dans l’impossibilité de présenter l’original de son diplôme de Maîtrise conformément aux prescrits des articles 33 et 35 de la Charte électorale, et au calendrier électoral qui a été publié. Malgré cela, la Commission électorale l’a maintenu sur la liste des candidats agréés au mépris de 27 contestations qui ont été signées contre lui.

3. La question de décharges. Pour les ayant occupés de poste de comptable de deniers publics, l’article 37 de la Charte électorale fait l’obligation de la soumission d’un certificat de décharges. Cela est conforme à la Constitution de 1987 et aux lois sur les finances publiques. Pourtant, des membres du CU ont choisi de violer la charte et la Constitution du pays en passant outre de cette prescription constitutionnelle reprise dans la Charte électorale.

4. Selon l’article 45 de la Charte électorale et l’article 9.2 des Dispositions transitoires, l’électorat du CU est composé de 11 Doyens, 11 délégués professeurs, 11 délégués étudiants et 3 membres du CE. La Commission électorale et l’ancien Conseil Exécutif ont violé les règlements et ont permis à des Vice-doyens qui n’étaient pas mandatés de siéger le 30 mars 2016 dernier à Moulin sur Mer. Selon l’article 46 de la Charte, tous les électeurs mandatés doivent être inscrits à l’avance sur une liste connue par les candidats, 72 heures avant le lancement de la campagne électorale. Cela n’a pas été respecté.

5. L’article 46 de la Charte demande à la Commission électorale de notifier à chaque candidat, 72 heures avant le lancement de la Campagne électorale, la liste à jour des électeurs et leurs coordonnées. Ces élections sont reportées plus de 4 fois, mais la Commission électorale n’a jamais notifié aux candidats en lice la liste des électeurs à jour et que conséquemment, certains votants du ″scrutin″ du 17 mai 2016 n’avaient plus de mandat valide. Donc, le quorum de 24 sur 36 exigé n’a pas été obtenu de façon légale. De surcroit, trois des candidats (Docteur Jean-Renol Elie, Docteur Fritzner Etienne et Docteur Fritz Rosemond) ont eu un score de zéro, alors qu’ils n’ont appris la tenue de ces « élections » qu’à travers les medias.

Il est immoral et inconvenant de réaliser ces élections en violation systématique des Dispositions transitoires et de la Charte électorale de l’UEH et en même temps vouloir faire croire à l’opinion publique qu’elles ont été effectuées dans leur strict respect. Il est regrettable que les membres du CU qui ont participé à ces élections clandestines n’ont pas estimé nécessaire de stopper le processus pour évaluation et correction en vue d’éviter de placer au plus haut sommet de l’UEH des dirigeants contestés et illégitimes. Où sont passées les revendications du personnel administratif, des étudiants et des Professeurs ?

Pour l’histoire et pour la vérité, nous réaffirmons notre engagement dans la lutte pour une nouvelle UEH qui doit impérativement passer par les états généraux et l’organisation de bonnes élections. Eleksyon tèt chat, bay rat gwo vant.

Fait à Port-au-Prince, le 19 Mai 2016

Pour authentification

Rochmabeau LAINY
Samuel REGULUS
Jack Guy Jack Guy Lafontant

Suivent les signatures

1-Docteur CADET Jean-Claude (Doyen de la Faculté de Médecine)
2- Professeur DORCELUS Francinor (Délégué des Professeurs de l’INAGHEI)
3- Docteur DESIR Marc (Doyen de IERAH)
4- Docteur ELIE Jean-Renold (Doyen de la Faculté des Sciences Humaines)
5- Docteur ETIENNE Jean-Fritzner (Direction de l’ENS)
7- Docteur LAFONTANT Jack Guy (Délégué des Professeurs de la Faculté de Médecine)
8- Docteur LAINY Rochambeau (Délégué des Professeurs de la Faculté d’Ethnologie)
9- Docteur REGULUS Samuel (Délégué des Professeurs de IERAH)
10- Étudiant VATEY Fritz Gerald (Délégué des Etudiants de la Faculté de Médecine

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