Hausse du prix de l’essence : Proposition et contre-proposition,gouvernement et syndicats sur la corde raide

Toujours pas d’entente entre le gouvernement et les syndicats des transports en commun sur l’augmentation du prix du carburant. Le gouvernement revoit à la baisse ses intentions d’augmentation en proposant, mercredi, d’ajouter 90 gourdes sur la gazoline, 80 gourdes sur le diesel et 75 gourdes sur le kérosène. Les syndicats rejettent cette proposition, font une contre-proposition et brandissent l’arme redoutable de la grève…
Deux propositions d’augmentation du prix des produits pétroliers sur le tapis des négociations qui deviennent de plus en plus tendues. Une augmentation de 90 gourdes sur la gazoline, 80 gourdes sur le diesel et 75 gourdes le kérosène, propose le gouvernement. 20 gourdes sur la gazoline, 15 gourdes sur le diesel et 15 gourdes le kérosène, la contre-proposition des syndicats. Lors de la troisième rencontre de cette semaine, les deux parties n’ont pas pu arriver à une entente.
« Nous n’avons pas accepté la proposition du gouvernement et le gouvernement n’a pas non plus accepté la nôtre», a fait savoir au Nouvelliste le syndicaliste Duclos Bénisoit à l’issue de la rencontre.

« Les autorités ont exposé tout un ensemble de théories sur la situation économique et financière du pays pour tenter de nous faire comprendre qu’elles ne peuvent pas aller plus bas que leur proposition… », a-t-il dit. Une rencontre très tendue au cours de laquelle les syndicats ont brandi l’arme de la grève générale si le gouvernement applique l’augmentation à la pompe tel qu’il le décide.
« Nous ne voulons pas bloquer le pays. Nous sommes conscients que le gouvernement n’a pas encore trois mois depuis qu’il est en fonction, mais nous n’accepterons jamais ce niveau d’augmentation », a menacé le syndicaliste Bénisoit. Pour la troisième fois consécutive cette semaine, les deux parties ont laissé la table des négociations sans pouvoir trouver une entente. Selon le syndicaliste Jacques Anderson Desroches, la proposition du gouvernement est une provocation.
Si le pouvoir veut avoir de l’argent, les syndicats lui conseillent de trouver d’autres sources comme taxer les 800 000 motocyclettes qui sont sur le territoire.

Les syndicats, qui se sont rencontrés seuls après la rencontre avec le gouvernement, se divisent eux aussi sur une possible revue à la hausse de leur proposition.
Il y en a qui pensent qu’ils devront ajouter quelques gourdes de plus, d’autres par contre n’en démordent pas. Pas question d’aller au-delà de la formule « 20-15-15 », c’est-à-dire, 20 gourdes sur la gazoline, 15 sur le diesel et 15 gourdes sur le kérosène. Les syndicats des transports en commun comptent poursuivre les discussions entre eux ce jeudi avant de fixer une nouvelle rencontre avec le gouvernement. Le Nouvelliste n’a pas pu entrer en contact avec les membres du gouvernement sur le dossier.
Le président de la République et le Premier ministre ont présidé mercredi un Conseil des ministres au cours duquel le dossier de l’augmentation du prix de l’essence a été abordé. Avant de revoir à la baisse ses prétentions, le gouvernement avait déjà proposé aux syndicats des transports en commun une augmentation sur les prix des produits pétroliers de l’ordre de 116 gourdes sur la gazoline, 88 gourdes sur le diesel et 84 gourdes sur le kérosène. Les prix passeraient à la pompe respectivement à 305 gourdes, 237 gourdes et 231 gourdes. Mais avec la nouvelle proposition, le gouvernement tente de faire passer le prix de la gazoline de 189 à 279 gourdes le gallon, de 149 à 229 gourdes pour le diesel et de 148 à 223 gourdes pour le kérosène. Les négociations vont se poursuivre.

Le Nouvelliste

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