Des organisations de la société civile haïtienne rejettent le dialogue bilatéral prôné par l’Oea

Vendredi 31 Juillet, 2015 Port-au-Prince, Haïti – Des organisations de la société civile rejettent le dialogue bilatéral prôné par l’Organisation des Etats Américains (Oea), lors d’une conférence de presse donnée le jeudi 30 juillet.

« Un dialogue bilatéral ne donnera aucun résultat » à cause de la République dominicaine qui ne respecte jamais les accords qu’elle signe, met en garde le président du Conseil d’Administration du Groupe d’’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), Philippe Jean Thomas.

Le problème entre les deux pays est devenu multinational depuis l’application de l’arrêt raciste 168-13, pris le 23 septembre 2013 par le tribunal constitutionnel dominicain contre des centaines de milliers de Dominicains d’origine haïtienne, pour la plupart, explique-t-il.

« Nous ne pouvons pas dialoguer »avec les autorités dominicaines parce qu’elles sont « de mauvaise foi », affirme, pour sa part, Jean Robert Argant, coordonnateur du Collectif 4 décembre.

Toutefois, s’il y aura un dialogue entre les deux pays, cela doit se faire en présence d’instances internationales crédibles ayant un pouvoir de coercition pour faire respecter les accords trouvés, suggère-t-il.

Le gouvernement haïtien salue le rapport de l’Oea, rejeté par la République dominicaine

Un rapport de la mission d’observation de l’Oea recommande le dialogue entre Haïti et la République Dominicaine sous sa médiation.

Des mécanismes d’une entente autour de la crise migratoire doivent également être établis entre les deux pays.

L’ambassadeur d’Haïti à l’Oea, Bocchit Edmond, a salué le rapport de la mission technique de l’Oea sur la situation migratoire entre Haïti et la République Dominicaine.

Le gouvernement haïtien entend travailler avec les autorités dominicaines afin de trouver des moyens pour une solution pacifique à ce problème.

Il réaffirme sa position pour la mise en place notamment d’un mécanisme de compréhension entre les deux États et la prise en compte des normes internationales dans ce domaine afin de mieux gérer le processus de rapatriement des haïtiens vivant en situation migratoire irrégulière en territoire dominicain.

Ce rapport de l’Oea a été rejeté par la République dominicaine ainsi que des organisations de la société civile haïtienne.

Ces organisations se disent, de préférence, favorable à des discussions multinationales sur la crise migratoire entre les deux pays.

Le spectre du 2 août

A partir du 17 juin, des migrants et migrantes haïtiens en situation irrégulière qui ne se sont pas inscrits au Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) ont commencé, de manière intensive, à être rapatriés en dépit d’un moratoire de 45 jours, officiellement annoncé par les autorités Dominicaines.

« Nous sommes préoccupés par la date du 2 août » qui marque définitivement la fin du Pnre, avertit Thomas, craignant une intensification des retours volontaires et forcés.

Sur une population de près de 600 mille personnes dont des Haïtiens, pour la plupart, 288 mille d’entre elles sont inscrites, à date, au Pnre, rappelle le Garr.

Les 288 mille personnes n’ont réellement aucune garantie qu’elles trouveront un permis de séjour ou une carte de résidence pour rester en République dominicaine, déplore-t-il.

Après le 2 août, les ultranationalistes dominicains auront plus de latitude pour commettre des actes répréhensibles, craint-il.

Il invite les autorités haïtiennes à intervenir afin de protéger les ressortissants haïtiens, tout en sécurisant les points frontaliers officiels.

Il encourage la mise en place d’une méthode efficace d’identification des ressortissants haïtiens pour empêcher que des Dominicains déportés ne pénètrent sur le territoire haïtien.

Source/AP

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