Haïti-Droits humains : Les enfants domestiques, cibles privilégiées dans le trafic humain, selon le département d’État américain

P-au-P, 04 juillet.— « Haïti constitue une destination pour les hommes, les femmes et les enfants soumis au travail forcé et au trafic sexuel », souligne le rapport 2016 du département d’État américain sur la traite des personnes dans le monde.

La plupart des cas de traite des personnes concernent des enfants dans la servitude domestique. Ces enfants sont souvent abusés physiquement, sans recevoir de paiement pour les services rendus.

À cause des abus subis, un nombre important d’enfants fuient les maisons des employeurs ou de leurs familles d’accueil et deviennent des enfants des rues.

Les membres de la Mission de la paix en Haïti, en l’occurrence ceux de l’Organisation des Nations Unies (Onu) ont exploité sexuellement plus de 225 femmes haïtiennes, en échange de biens alimentaires et de médicaments entre 2008 et 2014, rappelle le département d’État.

Les ressortissants étrangers, en particulier les citoyens de la République Dominicaine sont particulièrement vulnérables au trafic sexuel et au travail forcé en Haïti.

Parmi les autres personnes qui sont vulnérables dans la population haïtienne, figurent les enfants haïtiens qui travaillent notamment dans la construction, l’agriculture, la pêche et le travail domestique.

Sont aussi vulnérables les femmes et les enfants vivant dans des camps pour personnes déplacées, mis en place suite au séisme de 2010.

Ce rapport indique que les adultes et les enfants haïtiens sont soumis au travail forcé, principalement en République dominicaine, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud et aux États-Unis.

Le gouvernement d’Haïti ne satisfait pas pleinement le minimum d’efforts nécessaire pour l’élimination de la traite, déplore le rapport.

Après avoir occupé une mauvaise position durant les quatre dernières années, Haïti ne fait pas des efforts importants pour répondre aux normes minimales, regrette le département d’État.

En décembre 2015, le gouvernement a inauguré le Comité interministériel de lutte contre le trafic. Le gouvernement a également finalisé son plan d’action, d’enquêtes et de poursuites sur les cas de traite au cours de la période considérée.

Cependant, les faiblesses du système de justice dans l’élimination de ces
cas, le manque de financement et de coordination entre les organismes gouvernementaux entravent les efforts visant à poursuivre les trafiquants, signale le rapport.

Face aux constats sur la traite des personnes dans le pays, le département d’État encourage vigoureusement les autorités à enquêter, poursuivre et condamner les trafiquants, y compris les responsables de la servitude domestique et du trafic sexuel des enfants.

AlterPresse

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