Ici, on s’en fout….

Par John Wesley Delva.

Haïti. Pays de laisser faire. De laisser dire. De laisser aller. Pays de permissivité. Ici, tout est permis et tout s’oublie vite. On vit dans une société où les barrières normatives et axiologiques tombent devant le pouvoir cupide de nos hommes. On s’enrichit vite et facilement sans s’inquiéter d’être interrogé par la justice. D’ailleurs, cette justice qui devrait être ce canal de transmission des valeurs d’honnêteté et d’intégrité ne vit que de compromission, de combines et de magouilles. On est élu député pauvre aujourd’hui et demain on baigne déjà dans le plus grand stupre. On est fonctionnaire de l’État , on dépense de manière désinvolte les fonds publics, et on a aucun compte à rendre de sa gestion. On est assassin, trafiquant de cocaïne, proxénète aujourd’hui et demain le parlement vous couvre d’immunité en vous exemptant de toute poursuite judiciaire, comme si le parlement a ses propres critères d’éligibilité. Et on s’en fout…

Ici, parce qu’on s’en fout…notre société est infestée de « dasoman. » De nombreuses considérations peuvent en ce sens se révéler éclairantes.

Le statut d’étudiant, par exemple, est souvent utilisé comme prétexte de militance et de politicaillerie. On se souvient alors de GRAPHNEY, GREPS, MERDE etc. De ces mouvements d’étudiants sont alors nés de tellement de mercenaires (abolotcho)… dont la plupart se retrouvent malheureusement ou heureusement aujourd’hui dans l’État. On les( dasoman) voit à l’oeuvre. Mais ils ne font que reproduire le système qu’ils critiquaient. Et on s’en fout…

Autre exemple. Aujourd’hui, parce qu’on s’en fout, être musicien ne suffit pas. Il faut prendre d’assaut la politique pour arriver à d’autres fins. Martelly s’est illustré en ce sens. Et il a fait école. D’ailleurs, Ils sont nombreux aujourd’hui des artistes qui sont dans l’État ou qui ambitionnent le pouvoir. Le dernier en date, un certain Adler Man que l’on connait certes pour ses petits succès dans le monde musical haïtien et non comme politicien. Mais parce qu’on s’en fout, cela ne serait guère étonnant que watcha Krazem devienne sénateur de la République. On dirait sans aucune gène que Si Martelly était président, Adler Man peut être aussi sénateur.

Aujourd’hui, Parce qu’on peut tout se permettre, On devient la risée du monde. On rit de nous. On ne nous prend pour rien ailleurs. On nous voit mal d’ailleurs dans certaines contrées du monde surtout là où l’on est encore nostalgique du système de l’exclusivité.

Le monde bouge et progresse de manière exponentielle dans des domaines scientifiques et technologiques. Alors qu’ici on reste encore dans un stade de féodalité, on s’en fout… Haïti, pays de merde et on s’en fout. Parce qu’on s’en fout… On devient une société de zombis. Et parce qu’on devient une société de zombis, on se fiche de tout… JWD

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