Les demandeurs d’asile à l’ambassade du Venezuela ne travaillent pas au CEP, selon Uder Antoine

Ils étaient sept anciens superviseurs au CEP de 2015 à se réfugier, vendredi soir, à l’ambassade du Venezuela. Leur objectif : « Demande d’asile pour des raisons de sécurité… »  Après négociations avec des membres du gouvernement, ils ont quitté l’ambassade et sont actuellement logés dans un hôtel de la capitale sous le contrôle des autorités. Le CEP a fait savoir au Nouvelliste qu’il n’y a actuellement aucun superviseur en fonction travaillant à l’institution électorale.

Vendredi dernier, la nouvelle s’apparentait plus qu’à une rumeur qu’à autre chose. « Des employés du CEP se réfugient à l’ambassade du Venezuela fuyant des persécutions politiques… », laissaient croire les rumeurs. Le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et des responsables d’organisations de défense des droits humains se sont transportés sur les lieux.

« Ils ont fait une demande d’asile. Après des négociations avec eux, ils ont accepté de quitter volontairement l’ambassade », a fait savoir au Nouvelliste le ministre des Affaires étrangères. Selon Pierrot Délienne, leur demande d’asile n’était pas justifiée. « Le gouvernement ne persécute personne », a affirmé le chancelier. Pierrot Délienne leur a donné la garantie que rien ne va leur arriver.

Puisque la question de sécurité de ces sept individus avait été évoquée, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique a dû lui aussi fait une intervention. « J’ai noté qu’ils ont dit qu’ils étaient tous des employés du CEP. Ils ont aussi dit qu’ils recevaient des menaces de la part d’autres employés », a rapporté au Nouvelliste Me Camille Jr Édouard.

Ces sept individus ont raconté au ministre qu’ils avaient déjà porté plainte aux conseillers électoraux mais rien n’a été encore fait. Me Camille Jr Edouard les a encouragés à aller porter plainte aux instances concernées de l’État. Il a dit passé des instructions à la police pour assurer la sécurité de ces gens.

Selon le ministre de Justice, ces personnes n’ont jamais dit qu’elles recevaient des menaces de la part du gouvernement. « Elles ont fait état de menaces venant d’autres employées du CEP », a avancé Me Camille Jr Édouard. Selon lui, c’est une affaire interne au CEP qui est une institution indépendante et « le gouvernement ne peut pas intervenir dans les affaires internes du Conseil », a-t-il dit.

Selon le directeur exécutif du RNDDH qui s’était lui aussi rendu, vendredi soir, à l’ambassade du Venezuela, les demandeurs d’asile ont fait savoir qu’ils étaient l’objet de persécutions politiques de la part d’un parti politique. Pierre Espérance qui n’est pas encore en mesure de confirmer si ces personnes travaillent effectivement au CEP croit que tout citoyen a droit à la protection et le dossier ne doit pas être traité avec légèreté.

Selon Pierre Espérance qui a encore visité, hier lundi, ces sept personnes (trois femmes et  quatre hommes), cinq d’entre elles reçoivent des soins médicaux. Il a souligné que la prise en charge de ces individus est assurée par le gouvernement.

Les autorités devraient adresser hier lundi une correspondance au CEP, question de vérifier si ces gens travaillent à l’institution électorale avant de décider de leur sort.

Le directeur exécutif du CEP a indiqué au Nouvelliste que l’institution électorale n’est pas touchée officiellement de ce dossier. Uder Antoine, joint au téléphone lundi après-midi par le journal, a fait savoir qu’il a pris connaissance du dossier dans les médias comme tout le monde. « Nous n’avons aucun rapport avec les anciens superviseurs. Nous ne sommes pas concernés », a-t-il dit.

Selon M. Antoine, le CEP est dans une phase de recruter d’autres superviseurs et d’autres membres de bureaux de vote. « Les superviseurs sont recrutés pour une période précise pour un tâche bien spécifique. Ils ne sont pas des employés à plein temps au CEP. Ils sont recrutés pendant les élections, après c’est fini… », a expliqué au journal le directeur exécutif du CEP.

Parce que ces sept anciens superviseurs du CEP avaient peur de retourner chez eux, le gouvernement les a logés depuis vendredi dernier dans un hôtel de la capitale.  Les autorités devaient les rencontrer hier lundi sur leurs doléances et trouver une solution à ce dossier.

Robenson Geffrard source Le NOuvelliste

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