Plus de culture ou plus de Notre-Dame à Petit-Goâve !

Il est lundi 08 août 2016, jour-j moins 6 pour la fête patronale à Petit-Goâve. Rendez-vous 15 août pour la Notre Dame. Aucun air de fête n’est remarqué. Seulement des affiches pour des soirées musicales sont remarquées dans certains points stratégiques pour les promoteurs.

Quelques clubs et plages du centre-ville fonctionnent timidement.

Les activités de nuit dans les quartiers périurbains se sont tues à cause de l’insécurité qui s’abat sur la ville depuis plus de six mois.

Les nouveaux élus ne se prononcent pas encore sur la tournure qu’aura la fête patronale de cette année. La population attend jusqu’à présent, vainement, le mot du député élu des élections frauduleuses de 2015, Germain Alexandre-Fils,  même si l’organisation de cette festivité ne relève pas de sa fonction parlementaire. Traditionnellement, la fête patronale est l’œuvre conjointe de la députation et de la mairie.

Au point que dans le budget de la république un fond est prévu pour les parlementaires (sénateur et député) pour supporter des activités festives dans leur circonscription lors des fêtes patronales.

Que dit Mr Alexandre de ces fonds ? D’autre part, la nouvelle commission communale avec Mr. Jean S. Limongy à sa tête n’est pas encore prête à fournir des explications à la population Petit-Goavienne qui attend ardemment ce moment de rencontre et de défoulement.

La Notre Dame à Petit-Goâve fut un rendez-vous de choix vers la deuxième moitié du 20ème siècle. Bossa Combo à travers sa chanson intitulée « Notre Dame » décrit l’admiration du tourisme local pour la fête patronale de la cité Soulouquoise. Dans cette chanson, le groupe honore l’hospitalité des Petit-Goaviens, le plaisir des fêtards d’être à Petit-Goâve, la participation de la diaspora, la présence des vacanciers de la zone métropolitaine, la portée économique de la fête pour les marchands, la conclusion de contrats sentimentaux ou de mariages que la fête occasionne et autres. Tout ceci montre l’ampleur qu’a eue la fête. Cette chanson rappelle le début des années 80.

Depuis plus cinq ans, la Notre Dame à Petit-Goâve est réduite à l’affichage d’un ensemble de groupes musicaux en tournée en Haiti et un festival à la fin. Les activités de troubadour au bord de la mer et sous les tonnelles dans les quartiers résidentielles disparaissent. Les dirigeants de la commune semblent contribuer à la disparition de ces groupes musicaux au profit de ceux exilés aux Etats-Unis qui ne rentrent en Haïti que pour la période estivale. Ce choix semble s’expliquer par la volonté des conseils municipaux et des députés de transformer la fête en propagande politique. Il y a plus de visibilité dans la foule lors des festivals. La manifestation culturelle que devrait représenter la Notre Dame perd son essence.

Pendant que la Notre Dame perd en splendeur à Petit-Goâve, d’autres villes comme le Cap Haïtien et les Cayes profitent de ce vide laissé par les autorités pour attirer les fêtards vers elles. Ces villes offrent une variété d’activités culturelles et un accueil chaleureux. Cette déchéance de la Notre Dame à Petit-Goâve est-elle la conséquence du manque de vision et d’initiative des autorités Petit-Goaviennes ?

Quelle issue à cette impasse ? Il faut restituer à la culture sa place dans la ville de Petit-Goâve. Cette ville a nourri le plasticien de renommée internationale Hermantin Osée, le romancier international Dany Laferrière, les chanteurs de compas comme Réginald Cangé, Jean Ernst Lafortune (Ti Pachou), le sculpteur et céramiste Jean René Jérôme, le sculpteur de renommé internationale Nacius Joseph,  pour ne citer que ces stars. La culture ne peut pas mourir dans cette cité avec les œuvres de tant de jeunes commeTimoun atis et de tant d’autres dont leurs noms s’empressent de se graver sur la toile de l’histoire.

Sabalha Calixte

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