Quand la mission d’observation de l’OEA se mêle de la partie

Après avoir dressé le sombre tableau des irrégularités et manquements des élections de 2015, la Mission d’observation électorale de l’Organisation des Etats américains confirme, par l’entremise du secrétaire général Luis Almagro, qu’elle observera les élections du 9 octobre prochain. Personne ne s’attendait à ce revirement de l’organisation hémisphérique qui avait donné un blanc-seing à l’élection présidentielle de 2015, en dépit de certaines irrégularités qu’elle avait relevées. La Mission d’observation formule toute une série de recommandations pour rétablir la confiance dans le processus électoral sur les plans de l’organisation, de la formation, de la communication et de la planification des opérations électorales.

Mis à part les observateurs pro-gouvernementaux ainsi que ceux des missions de l’Union européenne et de l’OEA, tous les autres observateurs qui avaient supervisé les élections de 2015 avaient décelé les irrégularités graves dont ces joutes étaient entachées. Cette nouvelle approche de la Mission de l’OEA constitue un pas dans la bonne direction s’il faut prendre en considération les anomalies relevées dans le processus depuis le recours exercé au Bureau du contentieux électoral national par Fanmi Lavalas et le parti Meksepa. Il s’agit maintenant pour l’institution électorale de contrôler et de vérifier si toutes les étapes de l’organisation des élections seront réalisées dans les délais convenables et dans les conditions prévues.

Une des inquiétudes de l’organisation des élections du 9 octobre prochain demeure la disponibilité du registre électoral au sein du Conseil électoral provisoire le 9 août 2016. Conformément au décret régissant les prochaines élections, l’Office national d’identification doit acheminer  au CEP le registre  deux mois avant l’organisation des élections. Rien ne justifie ce délai si l’on doit tenir compte des dernières décisions prises par l’ONI deux semaines auparavant. Le CEP et l’ONI ont-ils trouvé un terrain d’entente sur la disponibilité de ce registre à la date prévue ? L’ONI va-t-il confirmer que les noms des électeurs figurent sur les listes électorales dans les lieux de leur domicile ? La transmission par le CEP le 9 septembre prochain des listes électorales dans tous les Bureaux électoraux départementaux, pour qu’elles soient disponibles dans les tous les  bureaux électoraux communaux, permettra, entre autres, de confirmer que les élections pourront avoir lieu le 9 octobre prochain.

Il demeure entendu que la firme qui gagnera l’appel d’offres pour la confection des bulletins mettra tout en œuvre pour les acheminer au CEP dans le délai idéal de livraison. Si toutes ces étapes sont respectées, le 9 octobre pourra devenir réalité. Lors des élections législatives du 9 août de l’année dernière, 8 jours avant les élections, les listes électorales n’étaient encore acheminées ni aux bureaux électoraux communaux ni aux centres de vote. Cependant, le Conseil électoral provisoire avait laissé croire que le processus allait bon train.

 Les dernières informations communiquées mercredi par le porte-parole du Conseil électoral provisoire, sur le déroulement du processus électoral, visent-elles à calmer les esprits ?

Lemoine Bonneau edito Le Nouvelliste

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