Quand le Pnud impose une firme de Dubaï pour l’impression des bulletins

Au mépris de différents secteurs de la vie nationale qui exprimaient leur mécontentement l’année dernière sur le choix d’une firme de Dubaï pour l’impression  des bulletins au détriment des entreprises locales, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a une nouvelle fois choisi une firme des Emirats arabes unis pour l’impression des bulletins des élections du 9 octobre prochain.  Quatre firmes haïtiennes avaient décliné leur participation à l’appel d’offres du Pnud en raison des conditions posées par cette agence de l’Onu pour prendre part au processus. Depuis plus d’une semaine, de nombreuses personnalités du monde de l’imprimerie  ainsi que des membres du personnel de l’institution électorale chuchotaient  sur le choix d’une firme de Dubaï dans le cadre de l’appel d’offres taillé sur mesure par le Pnud.

Sans surprise, le directeur exécutif de l’institution électorale, Uder Antoine, a défendu, hier mercredi, bec et ongles, le Pnud dans les mêmes termes que l’avait fait Pierre-Louis Opont pour justifier le bien-fondé de l’appel d’offres de l’agence onusienne tout en révélant la participation de l’institution électorale dans ce processus dont lui  et le Pnud connaissent le secret. Pourquoi le directeur exécutif a-t-il attendu tout ce temps pour défendre le Pnud cloué au pilori pour son mépris vis-à-vis des firmes du terroir ?

Il n’est un secret pour personne que le fonds géré par le Pnud représente une balance sur le montant qui avait été prévu pour les élections de 2015. En fonction de quel mécanisme la balance que détient l’organisme onusien devrait être utilisé pour l’impression des bulletins ? Ce fonds aurait pu être utilisé dans d’autres opérations électorales suivant la procédure établie par le Pnud pour son utilisation. Uder Antoine, qui vient de connaître des jours de gloire au sein de l’Office de management et des ressources humaines pour ses grandes capacités en matière de gestion des ressources humaines, ne pourra pas expliquer les raisons de ce choix de l’organisme onusien en complicité avec ce Conseil électoral provisoire qui s’enlise en termes d’orientation dans des proportions semblables à celui dirigé par Pierre-Louis Opont.

Dans un sens comme dans l’autre, cette nouvelle gifle infligée par le Pnud à la société haïtienne est le résultat de la mauvaise gouvernance du pays depuis une trentaine d’années. Si les gouvernements rétrogrades qui se sont succédé n’avaient pas accepté les fonds de la communauté internationale pour organiser les élections, le Pnud n’aurait pas pu se mêler de cette mission de souveraineté que constituent les élections.

Au moment où différentes couches de la population expriment leur colère vis-à-vis du Pnud, un commerçant dont le nom est gardé secret par le gouvernement vient d’importer de l’huile nocive pour la santé des uns et des autres. Aucune poursuite judiciaire n’a jusqu’ici été engagée par les autorités établies, car c’est un cycle de gouvernance archaïque qui se poursuit avec les personnalités qui ont des intérêts semblables dans l’entourage gouvernementale et dans le secteur privé.

Le jour viendra où la boucle sera bouclée pour mettre fin à la perpétuation de la gouvernance exécrable dans tous les compartiments de l’Etat.

Lemoine Bonneau

Editorial du Nouvelliste

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