René Depestre, la dernière cible d’Arnold Antonin

C’est à l’Alliance Française de Jacmel qu’Arnold Antonin a présenté, ce vendredi 19 août, son dernier film documentaire « René Depestre : on ne rate pas une vie éternelle ».

Une grande première dans la ville natale d’un écrivain qui aura, pendant longtemps, marqué toute l’histoire de la littérature haïtienne.

Après le romancier Jacques Stephen  Alexis, c’est au tour de l’illustre René Depestre, prix Renaudot 1988 et l’un des écrivains majeurs du vingtième siècle haïtien, de recevoir son bain d’hommage mérité du cinéaste prolifique Arnold Antonin.

Boulimique, yeux grand ouverts sur les créations artistiques, cinéaste à l’écoute du temps, mais tellement allergique à l’amnésie immortalise cette fois la vie d’un poète révolutionnaire, d’un romancier raffiné, d’un enfant terrible de la littérature haïtienne contemporaine, d’un grand artisan de la langue, d’une écriture qui marie élégance, finesse, érotisme et souplesse.  Pleins feux sur l’un des plus célèbres auteurs installés en terre étrangère et qui a raflé le prestigieux prix Théophraste Renaudot en 1988 pour son récit « Hadriana dans tous mes rêves », paru, entre autres maisons d’éditions, chez Gallimard.

« René Depestre : on ne rate pas une vie éternelle », projeté ce vendredi 19 août pour sa grande première à L’Alliance Française de Jacmel (37, Avenue de la liberté),  est le dernier-né d’un cinéaste qui décidément veut sauver la mémoire de notre patrimoine culturel vivant. En une heure et quarante minutes, Arnold Antonin déplie la vie et le parcours mouvementés de Depestre, sillonne ses zones d’influences (Alfred de Musset, Nicolas Guillén et Victor Hugo), ouvre quelques belles pages de son premier recueil de poèmes « Étincelles ».

Arnold revient sur l’aventure « La Ruche », revue fondée par Depestre avec Gérald Bloncourt et Jacques Stephen Alexis, sur ses années en France où il rencontre Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard, Aimé Césaire. Son combat marxiste et communiste, ses asiles politiques et surtout l’œuvre dense de Depestre sont revisités dans ce travail d’acte mémoriel. Pour Roody Edmé, éditorialiste et critique d’art,  « faire un film sur René Depestre, c’est montrer une sensualité pure et solaire, évoquer la magie de l’amour, en dépit des échecs et des reniements. Faire un film sur Depestre, c’est aussi un défi, une entreprise risquée sur une vie riche et sulfureuse d’un grand libertin qui ne passe pas dans tous les salons de gauche comme de droite ».

Arnold Antonin, passeur de mémoire et réalisateur accompli, est salué par le poète Robert Berrouët-Oriol, auteur de « L’éloge de la mangrove ». Selon lui, « Arnold Antonin, arrive à tisser une œuvre cinématographique unique et de premier plan sur nos écrivains et artistes ».

 

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