Une difficile rentrée des classes sur fond d’élection

Il n’y a pas d’année avec une rentrée des classes facile. Pour la simple et bonne raison que rentrée des classes rime avec dépenses pour les parents.

Des dépenses de plus en plus importantes d’année en année, tant les établissements scolaires et les vendeurs de fournitures classiques et de matériels scolaires ajustent les prix pour rattraper l’inflation et notre lavichè dont personne n’a de définition exacte sauf celle de la pression qu’elle exerce sur notre porte-monnaie.

Cette année 2016, pour la première fois depuis des saisons d’ouverture des classes, l’Etat laisse entendre que pour lui aussi les choses sont dures.

Alors que tout le monde s’est habitué au financement des uniformes, de la cantine scolaire, du transport et des frais scolaires pour les plus pauvres, et des livres à bas prix pour tous, le ministre de l’Education nationale fait grise mine, ses poches sont moins garnies cette année.

Le PSUGO, le programme de scolarité universelle gratuite et universelle, est passé par là. Ces cinq dernières années, sans contrôle et de façon délibérée, on a laissé des amis du pouvoir épuiser les ressources publiques sans donner de résultats probants. On en paie le prix en 2016 en dépit des tentatives de Nesmy Manigat d’y mettre un holà aux derniers temps de Michel Martelly et des efforts actuels du ministre Jean Beauvois Dorsonne.

Il faut dire aussi que la rentrée des classes 2016 coïncide avec la tenue des élections que le pays a décidé de payer sur ses propres deniers car personne de la communauté internationale ne veut plus financer nos élections ratées.

L’école et les élections pèsent lourds sur la caisse publique en 2016. Pourtant ni pour l’un ni pour l’autre, l’administration Privert-Jean-Charles n’a vraiment le choix.

Comme tout bon père de famille, il va falloir que l’exécutif actuel se saigne les veines, fasse sortir du sang des pierres et trouve les moyens pour ne pas rater ni la rentrée des classes ni les élections.

En passant, le Conseil électoral n’a toujours pas rendu public le budget détaillé des élections promis depuis plus d’un mois. Le CEP n’a toujours pas dévoilé le nom de la firme qui réalisera les bulletins des prochaines élections.

Le CEP et le gouvernement ont la responsabilité de rendre le processus électoral rassurant et la rentrée des classes apaisée en ces temps d’incertitude…

Frantz Duval Edito du Nouvelliste

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