Une nouvelle manifestation pour la tête de Pierre Louis Opont

Les candidats et autres partis récalcitrants aux résultats publiés par le Conseil électoral provisoire, le 19 août dernier, regroupés au sein du Front national de coordination des candidats pour la lutte démocratique, continuent leur mouvement de contestation. Le jeudi 3 septembre, ils ont foulé le macadam pour réclamer l’arrestation de Pierre Louis Opont.

Ils étaient plusieurs centaines, ces manifestants, qui ont parcouru les rues de la capitale à l’initiative du Front national de coordination des candidats pour la lutte démocratique, représenté par Alfred Micanor, René Civil, Gérald Gilles et consorts. Débutée au Carrefour de l’ancienne aviation à Delmas, la manifestation a pénétré le quartier du Bel-Air, avant de regagner l’autoroute de Delmas pour rejoindre le local du CEP à Pétion-Ville. Sur tout le parcours, ils ont scandé des slogans hostiles au président de l’organisme électoral, dont ils réclament l’arrestation immédiate.

 

Ils ont aussi demandé le départ du chef de l’État, Michel Martelly, qui, selon eux, est incapable d’organiser de bonnes élections dans le pays. Ces contestataires visiblement déterminés, ont, par ailleurs, exigé l’annulation des législatives, la démission au plus vite de tous les autres membres du Conseil électoral provisoire.

Les manifestants avaient tenu, durant cette mobilisation, à attirer l’attention des communautés nationale et internationale sur le fait que le CEP a échoué dans sa mission d’organiser des élections transparentes, honnêtes et démocratiques. Comme arguments, les chefs de file de ce mouvement de contestation ont agité les différents rapports publiés par des organisations engagées dans l’observation du scrutin du 9 août, qui présentent tous un bilan chaotique de cette journée marquée, disent-ils, par des actes de violence orchestrés par des individus travaillant à la solde des partis proches du pouvoir.

Alfred Micanord qui s’était présenté aux sénatoriales pour le département de l’Ouest, sous la bannière du parti Renmen Ayiti, croit que le pouvoir Martelly en tentant de contrôler le CEP, a ranimé la flamme de la mobilisation. L’accord de Kinam II ne tient plus, selon le militant Lavalas qui qualifie de mascarade électorale le scrutin du 9 août.

L’ex-sénateur Louis Gérald Gilles s’aligne sur la position d’Alfred Micanord, tout en appelant le CEP à tirer des leçons des dernières législatives afin d’organiser de véritables élections honnêtes, crédibles et démocratiques. M. Gilles dénonce aussi les nombreuses irrégularités qui ont fait obstacle au bon déroulement des élections comme le problème des mandats, le couvre-feu, les faux observateurs, le registre électoral et les malversations, dit-il, au Centre de tabulation.

La candidate à la présidence sous la bannière du parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens, Edmonde Supplice Beauzile qui participait aux côtés des membres du Front national de coordination des candidats pour la lutte démocratique, dénonce l’arrogance du président du CEP, Pierre Louis Opont, qu’elle appelle à démissionner. Elle dénonce aussi le silence complice des autres membres du Conseil qui n’ont pas pris leur distance par rapport à Monsieur Opont. Selon Madame Beauzile, ces conseillers doivent aussi démissionner.

D’autres personnalités du monde politique haïtien, notamment Maître Reynold Georges, ont participé à cette manifestation. Me Georges croit, pour sa part, que tous les conseillers doivent démissionner, à l’exception de Me Jaccéus Joseph. Pour ces contestataires, ce qui s’est passé le 9 août, peut-être qualifié de toute autre chose, sauf d’élections.

Arrivés devant les locaux du CEP à Pétion-ville, ces candidats malheureux, ont délivré leurs messages aux conseillers électoraux dont ils continuent à réclamer la démission au plus vite, ainsi que  l’annulation des élections. Une autre journée de mobilisation devait avoir lieu, le vendredi 4 septembre, pour continuer d’exiger la reprise des élections et la dissolution du Conseil.

SOurce/ Le National

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