Des journalistes de Petit-goave sensibilés sur la diffamation et délit de presse

Le Parquet, le bareau de l’ordre des avocats de Petit-Goave et le Cercle des journalistes de Petit-Goave ont organisé, ce samedi 12 mars 2016, à l’auditorium du tribunal de première instance de Petit-Goave , une causerie qui a duré plus de deux heures d’horloge sur la »’ diffamation et le délit de presse  » à l’intention des journalistes et des propriétaires des médias de la ville.
Par rapport à certaines dérives constatées au niveau du fonctionnement de la presse locale , cette causerie vise non seulement à informer les travailleurs de la presse de leurs droits et devoirs mais aussi à leur expliquer les infractions auxquelles ils sont exposés consciemment ou inconsciemment dans l’exercice de leur métier.
Deux fils de la ville, Me Kébreau Zamor , substitut du commissaire près de la Cour d’Appel de Port-au-Prince et Me Lenord Julien, commissaire du Gouvernement de Petit-Goave sont intervenus tour à tour sur les 2 thèmes majeurs ; » la diffamation et le delit de presse ».
Selon , Me Kébreau Zamor »’ ces jours-ci, on décèle un certain excès dans les propos que l’on dit sur les ondes de quelques stations de radio de Petit-Goave.Ces paroles portent le plus souvent atteinte à l’honneur ,à la dignité, à la considération des gens.Il faut que l’on respecte chaque individu ainsi que son patrimoine moral.Memes les malhonnetes ont aussi droit au respect de leur personne. A la radio , on doit veiller à ce que la dignité,l’honneur de l’autre soient repectés et préservés.
Plus loin, Me Kébreau Zamor a indiqué : » la diffamation est une infraction c’est a dire un délit civil relevant de la compétence du tribunal correctionnel.La diffamation n’existe qu’à la présence de deux éléments clés:
a) l’élément matériel ( faits précis, propos portant atteinte à l’honneur de la personne )
b)l’élément moral ( intention de nuire à la personne .Sans l’existence de ces deux éléments, il n’y a pas de diffamation.
La diffamation peut prendre plusieurs formes telles que  »allégation » (une affirmation faite à partir d’une rumeur, propos que l’on n’est pas en mesure de prouver), »accusation »,  » ‘’imputation  »( lorsqu’une personne dit du mal d’une autre en employant des formules du genre  »de source sure  »ou  » vant bef la  ».
En outre, Me Zamor a martelé :  » en cas de diffamation , il revient
à la personne victime de la diffamation de porter plainte et au diffamateur de prouver la véracité des faits avancés ou de justifier ce qu’il avait dit sur les ondes.Il faut ,entre autres ,montrer que l’on était de bonne foi en faisant telle ou telle declaration.On ne saurait parler non plus de diffamation s’il n’y a pas de faits précis.
Les conditions de la diffamation sont :
1) Les paroles déshonorantes ou de nature à discréditer les autres.
2) la perte de l’estime de la personne diffamée.
3) la désignation de la personne visée
4) la publicité par voie de presse ( radio ,reseaux sociaux, tv,films, …
Les conséquences de la diffamation sont graves.
La diffamation pourrait entrainer la marginalisation de la personne, la perte totale de l’estime que l’on avait pour elle au sein de la communauté.
 »’Le journaliste peut commettre soit la diffamation ou le délit de presse .Ce sont deux épées de Damoclès qui pèsent sur lui.Le journaliste commet le délit de presse lorsqu’il ne fait pas ce qu’il devrait faire par exemple lorsqu’il profère des menaces de mort ou tient des propos portant atteinte aux bonnes moeurs ou à l’ordre public. »’
 »Le délit de presse relève du tribunal correctionnel .La peine varie entre 3 jours et 3 ans de prison , » a conclu Me Kebreau zamor,
Quant à Me Lenord , il a abordé le délit de presse et plus amplement le pouvoir de la parole.Il a affirmé :  » La parole est une grande arme , une arme redoutable..Elle a ses bons et mauvais cotés..Elle peut améliorer la société tout comme elle peut la détruire ..On ne doit pas prendre la parole à la légère ». Il a ajouté :  » les directeurs d’opinion, les analystes, les chroniqueurs, les reporters peuvent aider à la construction ou à la destruction de la société dépendamment de l’usage qu’ils font de la parole »’ .
Par ailleurs, le commissaire du Gouvernement a rappelé que » » La presse a pour responsabilité de vendre une bonne image de la communauté en ne dénoncant que ce qui est mauvais.Cependant , en vertu du décret 31 mars 1981 qui a été rapporté, aucun journaliste ne peut etre arreté pour un délit de presse ou une diffamation.La procédure à suivre est d’adresser au journaliste fautif une sommation ou une citation pour qu’il se présenter par devant le tribunal correctionnel. »’
Le débat était très animé.Les organisateurs , visiblement , satisfaits de la pertinence des questions , ont promis de poursuivre ce genre de causerie.
Guyto Mathieu

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