Bulletins et autres matériels, le CEP de Berlanger veut privilégier le marché local

Le CEP de Léopold Berlanger, contrairement à celui dirigé par Pierre-Louis Opont, a décidé de privilégier le marché local pour l’acquisition de matériels sensibles et non sensibles qui seront utilisés lors des prochaines élections. « En prévision du lancement dans les meilleurs délais de l’appel d’offres visant à acquérir les matériels sensibles et non sensibles sur une base compétitive, le Conseil a décidé de privilégier le marché local », peut-on lire dans une correspondance du président du Conseil, Léopold Berlanger à madame Yvonne Helle, directrice principale pays du PNUD, le 23 juin 2016.

Pour le président du CEP,  cette disposition « aura sans nul doute un impact positif sur l’économie du pays et le renforcement des capacités nationales pour répondre à ce besoin récurent ». Le président du CEP a souligné que « toutefois, cette décision ne met pas en question la nécessité de développer des spécifications techniques mettant l’accent sur la sécurisation des bulletins de vote et des autres matériels sensibles selon des standards de qualité, compatibles avec les capacités de l’industrie locale ». L’équipe technique du CEP et du PNUD devront s’assurer que les spécifications techniques des matériels qui seront produits puissent répondre aux objectifs du CEP de renforcer le système de contrôle et de traçabilité exigé dans le cadre des nouvelles dispositions prises par le CEP, a poursuivi la lettre du président du CEP, Léopold Berlanger.

Joint au téléphone, un conseiller électoral, sous le couvert de l’anonymat, a d’abord refusé de s’exprimer sur cette lettre. « C’est une question purement administrative », a-t-il dit. Mais, il a indiqué que « marché local veut dire ce que cela veut dire ». « Entreprise locale, industrie locale. Il faut par exemple que l’entreprise qui fera les bulletins ait une capacité installée ici, pour imprimer ici », a-t-il dit.

Le journal a par ailleurs appris que le CEP a rencontré des imprimeurs de la place. Le CEP voulait obtenir des informations sur les options sécuritaire et de traçabilité que l’on peut fournir ici, au pays, a confié off the record un imprimeur. « Nous avons fait des propositions pour la traçabilité. Ce qui est proposé est plus que suffisant », a indiqué cet imprimeur, qui souligne qu’au regard d’élections passées, faites avec des bulletins imprimés en Haïti, le problème n’avait pas nécessairement de rapport avec  le bulletin. « Le CEP doit maintenant montrer sa volonté », a-t-il ajouté.

Pour l’économiste Kesner Pharel, cette décision est  « une bonne nouvelle » pour l’économie,  les secteurs concernés. Il reste à ventiler tout pour mieux dimensionner les retombées secteur par secteur, a-t-il dit.

Le budget des élections de 2015, organisées par le CEP de Pierre-Louis Opont, était autour de 100 millions de dollars. Les bulletins ont été imprimés à Dubaï. D’autres matériels, bas de gamme, dont des isoloirs, des urnes, achetés à l’étranger avaient provoqué le fou rire d’électeurs moqueurs. Les isoloirs n’isolaient pas et les urnes ressemblaient à des boîtes à lunch pour des rejetons de grands mangeurs.

Roberson Alphonse source Le Nouvelliste

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