L’ajournement de l’assemblée nationale, une tentative pour bloquer le pays, dénoncent des personnalités politiques

P-au-P, 30 juin 2016 [AlterPresse] — Le nouvel ajournement de l’assemblée nationale, provoqué par des parlementaires proches du Parti haïtien tèt kale (Phtk), viserait à bloquer le pays, dénoncent des personnalités politiques.

La séance en assemblée nationale, qui n’est pas arrivée à fixer le sort du président Jocelerme Privert, dans la soirée du mardi 28 au mercredi 29 juin 2016, met à nu la mauvaise foi et le manque de conscience patriotique de ces parlementaires, fustige le Dr Louis Gérald Gilles, membre du directoire du parti Fanmi Lavalas.

« Aujourd’hui, le pays ne peut plus souffrir à cause d’un groupe minoritaire de sénateurs. Ce dernier représente une source d’instabilité et de blocage pour le processus démocratique », dénonce-t-il.

Gilles dit regretter combien les marchandages politiques ont pris la place des intérêts nationaux, lors de la séance en assemblée nationale qui s’est révélée, selon lui, « catastrophique ».

Le Phtk et ses alliés au parlement contesté réclameraient la nomination de leurs membres à la tête des Ministères de l’économie et des finances (Mef), de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict) ainsi que des affaires étrangères et des cultes (Maec), entre autres.

Le projet politique du Phtk, qui veut retourner au pouvoir, ne passera pas, soutient l’ancien candidat à la présidence et coordonnateur de la plateforme politique Jistis, Me Michel André.

« Dans une démocratie, la minorité à des droits, mais elle n’a pas le droit de bloquer le fonctionnement d’une institution républicaine », soutient-il.

« Cette assemblée nationale est anticonstitutionnelle. Nous n’avons pas besoin d’une assemblée pour que le président Privert ainsi que son gouvernement continuent d’assumer leurs responsabilités. Pour nous, le plus important est de rechercher le plus de consensus pour mener le pays vers des élections démocratiques, libres et honnêtes », déclare-t-il.

Il existe de profondes divergences entre les principaux groupes au parlement, en rapport au maintien ou non de Privert au pouvoir, fait savoir le sénateur Westner Polycarpe, contacté par AlterPresse.

Polycarpe condamne l’attitude des sénateurs et députés, ayant comme chefs de file, Youri Latortue et Carl Murat Cantave, qui veulent, selon lui, entraîner le pays dans un précipice.

Au cours de l’assemblée, les députés et sénateurs, qui ne sont pas finalement arrivés à se prononcer sur la fin du mandat de Privert, ont offert le spectacle de débats houleux et de négociations interminables.

Entre-temps, le Core Group – regroupant plusieurs pays dits « amis d’Haïti », dont les ambassades (accréditées dans le pays) du Brésil, du Canada, de l’Espagne, de la France, des États-Unis d’Amérique, de l’Union Européenne, et le représentant spécial de l’Organisation des États américains – invite les parlementaires à exercer leurs responsabilités en vertu de l’accord politique du 5 février 2016, qui a été adopté pour permettre de trouver une issue à la crise de l’époque.

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