Persistance de l’incertitude sur le sort de Jocelerme Privert

Par Ronald Colbert alter presse

Pour des motifs non dévoilés, les parlementaires contestés du Parti haïtien tèt kale (Phtk) et leurs alliés ont infirmé le quorum à l’assemblée nationale, à l’aube du mercredi 29 juin 2016, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

L’ordre du jour n’a pas été voté pour la nouvelle séance en assemblée nationale, qui a débuté mardi 28 juin 2016, vers 7:00 pm locales (0:00 gmt le mercredi 29 juin 2016).

Cette fois-ci, les menaces de sécurité n’ont pas été invoquées, comme ce fut le cas le mardi 21 juin 2016.

Des armes lourdes, à téléscopes, ont été remarqués à l’intérieur de l’enceinte du parlement haïtien. Des barrages de police ont été dressés, à l’extérieur du parlement, pour prévenir toute manifestation.

La séance en assemblée nationale est en continuation, indique le député Cholzer Chancy, qui fait office de président de l’assemblée nationale, en l’absence d’un président élu au sénat (depuis la démission, le 14 février 2016, de Jocelerme Privert à la tête du grand corps).

Des débats houleux et des négociations interminables ont marqué la nouvelle séance controversée, de la nuit du 28 au 29 juin 2016, en assemblée nationale.

Pas encore de date, officiellement retenue pour une autre séance en assemblée nationale.

Privert, dont le mandat de 120 jours, comme président provisoire a pris fin le 14 juin 2016, n’est pas fixé sur son sort à la tête d’Haïti.

Contrairement aux prévisions, contenues dans l’accord du 6 février 2016 – conclu entre l’ancien président Michel Martelly, Jocelerme Privert (alors président du sénat) et Cholzer Chancy, président de la chambre des députés, il était matériellement impossible d’organiser de scrutin présidentiel en avril 2016.

De plus, les parlementaires contestés du Phtk et leurs alliés ont passé environ un mois, avant de signifier leur refus du premier ministre désigné, Fritz-Alphonse Jean. Mais, ils ont voté, en un tournemain, Enex Jean-Charles comme nouveau chef de gouvernement, à la fin de mars 2016.

Seulement, le Conseil électoral provisoire, installé fin mars 2016, a publié un calendrier qui prévoit la présidentielle et les législatives complémentaires les 9 octobre 2016 et 8 janvier 2017.

Dans les échanges entre blocs politiques, les parlementaires contestés du Phtk exigent le maintien des décisions, prises, en 2015, par le Bureau de contentieux électoral national (Bcen) en faveur de candidats, soupçonnés de fraudes aux élections controversées de l’année dernière.

Or, le rapport de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorales (Cieve), rendu public fin mai 2016, recommandait la tenue d’audiences spéciales au Bcen pour analyser plus d’une quarantaine de dossiers litigieux de candidats mal élus au parlement.

Le Phtk et ses alliés au parlement contesté réclameraient la nomination de leurs membres à la tête des Ministères de l’économie et des finances (Mef), de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict) ainsi que des affaires étrangères et des cultes (Maec).

Ils voudraient également obtenir des postes stratégiques de directions générales, notamment à la Banque centrale ou Banque de la république d’Haïti (Brh) ainsi qu’à l’Oficce d’assurance-maladies du travail et maternité (Ofatma).

Dans le gouvernement, mis en place fin mars 2016, ils se seraient assuré le contrôle des Ministères de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), de la planification et de la coopération externe (Mpce), de la jeunesse, des sports et de l’action civique (Mjsac), ainsi que de l’agriculture et des ressources naturelles (Marndr), rappellent les observateurs.

Ce qui fait dire, dans les milieux politiques, que ces membres du Phtk et leurs alliés seraient plutôt intéressés à s’accaparer tous les espaces de pouvoir politique, au lieu d’adopter des décisions dans l’intérêt collectif.

Mais, ces parlementaires contestés du Phtk et leurs alliés s’inscrivent en faux contre les accusations de « demandes de postes ministériels et de directions générales » dans l’administration publique.

Un « accord » aurait été obtenu « à plus de 90% » sur la mission « politique » à assigner à la présidence provisoire – qui cédera la place, le 7 février 2017, au nouveau président élu.

La « mission politique » et la prolongation ou non du mandat de Jocelerme Privert devraient être votées, en deux temps, de manière successive, dans la séance en assemblée nationale, font savoir ces parlementaires contestés du Phtk et leurs alliés.

Depuis leur entrée en fonction, en janvier 2016, aucune loi n’a été votée par ces parlementaires contestés, qui semblent plutôt privilégier les marchandages politiques.

La loi rectificative de finances, pour le reste de l’année fiscale 2015 – 2016, qui prend fin le 30 septembre 2016, la proposition d’un nouveau commandant en chef de la Police nationale d’Haïti sont, également, tout bonnement ignorées par « ces parlementaires », qui, en plus de l’arrogance, se donnent tous les droits, en dehors de la séparation des pouvoirs, définie dans la Constitution du 29 mars 1987.

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