Haïti-Élections : « Nous avons le droit de ne pas soutenir ce avec quoi on n’est pas d’accord », déclare Peter Mulrean

P-au-P., 6 juillet 2016 [AlterPresse] — L’ambassadeur américain en Haiti, Peter Mulrean, a justifié, lors d’une interview exclusive accordée à AlterPresse et AlterRadio, la décision américaine de ne pas accorder de financement en faveur de l’organisation des prochaines élections dans le pays.

« Nous avons le droit de ne pas soutenir ce avec quoi on n’est pas d’accord », a déclaré le diplomate, interrogé brièvement sur la situation politique, au cours d’un entretien à l’occasion de la sortie du rapport annuel du département d’État américain sur le trafic humain.

Tout en reconnaissant « le droit » du Conseil électoral provisoire (Cep) de reprendre les présidentielles de l’année dernière, Peter Mulrean a exprimé la déception de Washington, qui a financé en partie ces élections.

« Nous avons vu (…) une décision de reprendre les élections présidentielles à zéro, nous avons été déçus par cette décision ».

« Nous ne comprenons pas tout-à-fait pourquoi le Cep a décidé qu’il était nécessaire de le faire, tout en reconnaissant qu’Haïti est un pays souverain et qu’ils ont le droit de faire cela », poursuit l’ambassadeur.

Avec une contribution de 33 millions de dollars, les États-Unis ont assumé plus de la moitié du coût des élections législatives et la présidentielle de l’année dernière, qui ont été controversées.

Le rapport de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (Cieve), rendu public le 30 mai à Port-au-Prince, a établi que ces élections ont été entachées de fraude massive. Il a recommandé la reprise de la présidentielle ainsi que la révision de plusieurs dizaines de sentences prononcées par les Bureaux de contentieux électoraux.

Interpellé sur l’engagement affirmé des États-Unis en faveur de la démocratie, l’ambassadeur Mulrean a martelé : « nous soutenons absolument la démocratie, mais il y a beaucoup de pays démocratiques qui ont des élections qui ne sont pas financées par les autres ».

27 des 54 candidats ayant pris part à l’élection présidentielle controversée de 2015, soit exactement la moitié, ont confirmé leur participation aux élections dont le premier tour est prévu le 9 octobre 2016.

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