Petit Goâve: la Notre Dame entre désir de fêter et l’incompétence des autorités locales

Petit Goâve|Fête Patronale

Par John Wesley Delva

La Notre-Dame, comme la douce makòs, est la marque identitaire de la cité soulouquoise. Chaque 15 août de l’an, les filles et fils de la cité se donnent rendez vous au bercail. C’est pourquoi la Notre Dame reste et demeure une occasion de retrouvailles qui offre des instants intenses de célébration. célébration d’amitié, de fraternité et de bonheur.

Cette année là, la ville, comme d’habitude, était au pas. Au pas de la dance. Au pas de la musique. Au pas du plaisir. Au pas de la Notre Dame. Ainsi dit, malgré la situation de précarité socio économique du pays, l’envie de fêter se faisait remarquer. Les jeunes assoiffés de » bonheur » ne se faisaient pas casaniers. Dans les rues, au bord de la mer, dans les boutiques les va-et- vient se multiplient. On sentait ce désir d’habiter une ville éloignée de toutes entraves.

Cependant, on peut constater que la fête patronale de la ville a seulement été dans ce désir enflammé de fêter, mais aucune disposition n’a été prise du coté des autorités locales pour hisser la Notre Dame à la hauteur de toutes les attentes. Aucun planning semble ne pas avoir été fait pour recevoir les visiteurs. Certes, les gens sortaient leur grande joie d’être dans ce lieu qui les éloigne des bouillonnements de Port-au-Prince à un moment particulier de la vie de la commune, mais aucune activité sérieuse n’est venue rencontrer cette joie. On monte et on descend sans savoir où aller. Le littoral( bon repos) restait le principal espace vers où les gens affluent et s’affollent, mais à Bon Repos on ne saurait être de tout repos dans cette cacophonie où marchands, visiteurs se confondent. Donc la fête n’a été que dans la spontanéité des gens qui, en réalité, ont raison de s’offrir une poignée de plaisir dans cette une conjoncture socio-politique assez délicate et fragile.

Ainsi, cette situation témoigne d’un manque de vision et de compétence des autorités de la commune. En effet, Petit Goâve regorge de potentialités. Potentialités touristiques, artistiques et littéraires et sportives. La Notre Dame n’aurait-elle pas du être l’occasion pour les autorités de la ville de montrer leur vision, pour le moins en organisant des activités( comme foire dous makòs, conférence sur l’histoire et patrimoine et la culture, tournoi de Volley-Ball etc ) qui seraient de nature à valoriser et à promouvoir ces potentialités? Mais leur manque de vision caractérisé par cette absence du sens de l’organisation laisse la Notre Dame sombrer dans la plus grande spontanéité et frise même le banal et le ridicule. Et la fête est ainsi réduite à une question de bò lanmè, de festival et donc de bòdègèt.

Et du coup doivent remonter à la surface de la mémoire des nostalgiques, les souvenirs des troubadours dans les rues, des pèlerins devant l’église Notre Dame, des expositions sur la grand rue, et des activités sportives dans toute la ville. Il y’a de cela 20 ans, on s’en souvient.

Crédit photo: Guyto Mathieu

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