Police municipale de Petit-Goâve : L’Arrêté et ses problèmes

L’arrêté portant sur la création de la police municipale à Petit-Goâve, paru dans l’édition du No.2017_0215B/février2017 de la gazette soulouquoise comporte des problèmes de politique publique qui méritent d’être soulevés pour l’avancement de la commune.
En Politique Publique, il existe deux approches : celle traditionnelle ou l’approche par le haut (leadership autocratique), appliquée dans les années 50 et l’autre moderne ou l’approche par le bas (plusieurs parties prenantes), utilisée dans les années 80 à nos jours.
À l’époque de l’approche par le haut, les politiques publiques étaient décidées unilatéralement par les dirigeants et appliquées sans l’approbation des citoyens. Mais avec l’approche moderne, ces derniers sont souplement consultés, et c’est pourquoi que le cycle de la politique publique moderne est lent et divisé en cinq phases : l’identification d’un problème, la formation et formulation d’une politique publique, le choix d’une politique publique, l’implémentation de la politique publique et l’évaluation de cette politique publique.

 

 
C’est principalement dans la phase de la formation et formulation de politique publique que les dirigeants rencontrent des organisations populaires, des militants, des syndicats et des ONGs qui évoluent dans le domaine auquel s’adressera la politique publique en question. La rencontre des dirigeants et des dirigés au cours du processus vise à entendre l’opinion contraire afin de pouvoir faire un meilleur choix de politique publique.

 

 
Vu que la sécurité est une question de politique publique, donc l’arrêté de la mairie de Petit-Goâve qui crée la police municipale ne respecte pas l’approche moderne des politiques publiques parce qu’aucun organe populaire était invité au stade de formation et formulation de politique sécuritaire pour la commune. Les élus n’appliquent pas le cycle de la politique publique, mais ne font qu’identifier le problème de la nécessité du bon ordre, de la sûreté, de la tranquillité et de la salubrité publique, puis implémentent une politique sécuritaire selon leur caprice.

 

 
C’est ce genre de politique publique par le haut qui nous classe dans les rankings internationaux parmi les pays où la qualité de démocratie est la plus mauvaise car chez nous il existe un déficit de participation populaire dans les affaires publiques, ce qui est contraire aux règles de bonne gouvernance axées entre autres sur la participation populaire, la loi, la réduction de compte, la transparence et la responsivité.

 
NB : cet article est valable pour toutes les communes du pays ou l’on implémente la police municipale sans l’avis de la société civile.

 
Johny Hilaire
Master en Administration Publique et Politique Publique, Allemagne.
johny.hilaire@uni-erfurt.de

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