Quand Jovenel Moïse veut agir vite et bien

En organisant le premier Conseil des ministres quelques heures après l’installation des membres du cabinet ministériel, le président Jovenel Moïse semble vouloir se lancer dans une véritable course contre la montre. Après plusieurs semaines de tergiversations avec les parlementaires sur le dossier du Premier ministre, il faut maintenant rattraper le temps perdu. Ordinairement, le premier Conseil des ministres dirigé par le président est l’occasion pour lui de définir sa vision de l’administration par laquelle l’Etat doit concrétiser sa mission et ses objectifs à travers le Premier ministre et les ministres qui forment le gouvernement. Cependant, l’objet de cette première réunion peut varier d’un président à l’autre, en fonction de sa conception du pouvoir, de son idéologie et de la conjoncture qui prévaut.

Il est assez difficile de prévoir si l’administration Moïse-Lafontant va définir une feuille de route à chacun des ministres du gouvernement, afin de mesurer la performance de chacun de ces grands commis de l’Etat par rapport aux attentes de la population. D’un département à l’autre, l’insatisfaction des besoins primaires de la population saute aux yeux. La mauvaise gouvernance qui caractérise la gestion des différents  gouvernements qui se sont succédé, depuis plusieurs décennies, a contribué à marginaliser les couches les plus défavorisées. Cette expérience  de gestion par objectif pourrait permettre au Premier ministre, en fonction d’une feuille de route accompagnée de moyens, de vérifier les résultats pendant un temps déterminé. D’autres pays ont expérimenté cette forme de gestion qui a produit les effets attendus.

L’organisation du premier Conseil des ministres de Jovenel Moïse, le mercredi 22 mars 2017, peut être considérée comme le point de départ de sa gouvernance, car c’est à partir de cette date qu’il a commencé à adopter des décisions. Un budget rectificatif doit être déposé devant les chambres incessamment pour permettre au gouvernement de Jack Guy Lafontant de disposer des moyens nécessaires à sa politique. Il faut que dans les 12 prochains mois, le président Jovenel Moïse soit capable de donner des chiffres sur le niveau de vie de l’homme haïtien. Le nombre d’emplois créés, l’augmentation des produits comestibles par tonne, le nombre d’hôpitaux publics construits, réhabilités ou réaménagés, le nombre de kilomètres de routes construits et réhabilités, le nombre d’écoles construites et réhabilitées et enfin les décisions prises pour lancer le pays sur la voie de la recherche scientifique et de l’apprentissage technologique.

La publication probable dans le journal Le Moniteur du nombre de personnes bénéficiaires de subventions de ministères et autres organismes publics ne sera pas véritablement utile à la population. Au contraire, le Conseil des ministres du 22 mars 2017 devrait de préférence augmenter les crédits budgétaires de cette rubrique à la Caisse d’assistance sociale, avec une nouvelle forme de gestion, pour permettre aux personnes handicapées, aux femmes enceintes en difficulté financière et aux vieillards de bénéficier de subventions de l’Etat. Il fallait de préférence bannir cette rubrique subvention de l’ensemble des ministères et organismes publics. Ce serait une décision opportune et utile aux couches les plus vulnérables.

Lemoine Bonneau

source le nouvelliste

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