Batay Ouvriye/ Nord renforce la mobilisation

À l’initiative de Batay Ouvriye/ Nord, plusieurs dizaines de personnes ont investi les rues du Cap –Haïtien, le mercredi 12 juillet de 2017, pour exprimer leur ras-le-bol par rapport aux recommandations du Conseil supérieur de salaire (CSS) et demander au président de la République, Jovenel Moïse, de surseoir sur la publication, dans le Journal le Moniteur, du rapport fixant le salaire des ouvriers à 335 gourdes et qui risque de plonger le pays dans une grave crise sociopolitique.

Munis de pancartes, des ouvriers venant des départements du Nord et Nord-Est ont parcouru diverses rues de la ville du Cap-Haïtien avant de faire un sit-in devant les locaux la délégation du Nord.

« Nous ne sommes pas d’accord avec le rapport du CSS, un rapport humiliant qui veut nous confiner dans la crasse et dans la misère », a déclaré Dalés Emmanuel, porteparole de Batay Ouvriye dans la ville du Cap-Haïtien.

Les manifestants ont critiqué le CSS qui, d’après eux, est à la solde de l’exécutif et du patronat, a produit un rapport qui ne prend en compte que l’intérêt des forces du capital. « La proposition d’augmenter de 35 gourdes le salaire minimum est le résultat d’un complot ourdi entre les patrons et le CSS », ontils dénoncé, invitant le président Jovenel Moise à s’aligner du côté des plus faibles.

Mettant en avant l’augmentation du prix des produits pétroliers sur le marché local qui a entraîné une hausse du prix des produits de première nécessité, les ouvriers demandent au patronat et au gouvernement de retourner à la case départ en reprenant le chemin des négociations. En ce sens, ils ont profité pour saluer la résolution du sénat de la République demandant au chef de l’État de surseoir sur la publication rapport du CSS : « Nous disons bravo au sénat pour la résolution adoptée, presque à l’unanimité. C’est une preuve que notre cause est juste ».

Parallèlement , dans un microtrottoir réalisé par Le National, plusieurs citoyens et citoyennes du Cap-Haïtien ont dit appuyer sans réserve le mouvement des ouvriers réclamant 800 gourdes comme salaires de base, tout en plaidant pour une solution négociée entre les protagonistes impliqués dans la crise. Selon eux, la proposition de 35 gourdes d’augmentation est inacceptable.

Soulignons que la manifestation de Batay Ouvriye/ Nord s’est déroulée sans heurt ni casse et les militants ont promis de reprendre le pavé dans les prochains jours.

Hervé Délima/Le National

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