La justice à Petit-Goave sur le banc des accusés

La justice à Petit-Goave sur le banc des accusés

Le dernier rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) sur les violations systématiques des droits à la vie privée et à l’intégrité psychique et morale à Petit-Goave a cloué au pilori les autorités judiciaires de la juridiction. En effet, ces dernières sont prises à partie d’afficher un comportement trop amorphe dans cette affaire opposant un présentateur d’une émission à des autorités politiques et de simples citoyens de la cité. Passivité qui décrypterait la partialité de la justice qui peine à trancher sur une affaire qui lambine devant la haute cour de la juridiction.

Les honorables magistrats viennent de souillonner leur toge puisqu’il fallait attendre qu’une institution de la société civile, pas plus crédible que la cour voire même en panne de crédibilité depuis un certain temps, vienne leur faire la loi et leur rappeler leur mission.

Les sociétés sont assignées à bien de méthodes de régulation. Les lois sont, entre elles, la plaque qui fait tourner la vie sociale maintenant en équilibre les citoyens. Lorsque ceux qui ont pour mission de les faire appliquer faillissent à leur boulot, le détraquement engendré précipite la société, à coup sûr, à l’abîme.

Les conclusions du rapport portent la justice locale au banc des accusés pour deux chefs d’accusation:

Une justice accusée d’être trop lente.

D’aucuns se demandent pourquoi cette lenteur si le tribunal est bourré de magistrats? Pendant deux ans des plaintes sont déposées et aucune décision sur le dossier n’a été adoptée. Qu’est-ce qui traduit ce mutisme judiciaire? Hésitation? Peur? Qu’est-ce qui fait trembler les magistrats dans leur toge?

Une justice accusée d’être politisée.

Voilà la plus sentencieuse accusation portée contre le temple de Thémis dans la juridiction. Dans les quatre recommandations du RNDDH deux concernent la justice. L’une d’entre elles, la bombe à retardement, exhorte le conseil supérieur du pouvoir judiciaire à mettre son nez dans la juridiction et dépolitiser la justice.
Accusation accablante, constat ignominieux. Même si dans la hiérarchie des pouvoirs, la justice, dans l’esprit de certains est toujours placée après l’exécutif et le législatif, elle est pourtant la base qui soutient le fondement social. Elle se trouve bien plutôt élevée au dessus des autres pouvoirs puisqu’elle est non seulement le juge des hommes mais juge également la société.

L’enquête du RNDDH lève le voile sur un secret judiciaire dans la commune. Pourquoi la justice locale devient- elle un outil politique? A quel secteur cette politisation profiterait-elle? Quel mobile porterait les hommes de loi à la table des hommes politiques?
Si les yeux du RNDDH conduisent bien à la lumière, la commune sillonne bien son éclatement.

Que faire les magistrats pour bien assurer la défense de la justice face à ces accusations?

Tout dossier portant à la connaissance du tribunal doit revêtir de la même importance. Qu’il arrive d’un politique, d’un paysan, d’un homme aisé ou d’un intellectuel, le magistrat doit porter le même regard et manifester le même intérêt.
Le tribunal doit aussi s’assurer que tout dossier en cours de traitement aboutisse dans le délai imparti par la loi.

Le parquet, grand défenseur de la société doit assumer valablement ses responsabilités. Sur une simple dénonciation, le commissaire du gouvernement doit pouvoir agir. Combien de dénonciations faites à tort ou à raison sur les ondes de stations de la commune? Combien de fois, le parquet a-t-il déjà mis l’action publique en mouvement? Combien de fauteurs de troubles, d’agitateurs déguisés se cachant sous des étiquettes, troublant ainsi la paix publique se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux pour incitation à la violence?

Les magistrats se doivent de rappeler qu’ils appartiennent aussi à un pouvoir: le pouvoir qui juge. Pour bien juger, le juge doit s’abstenir de l’accusateur et de l’accusé. Dans sa conscience, il applique la loi en toute impartialité.
Lorsque la justice est politisée, elle amoindrit la société, décrédite les autres pouvoirs et déchaîne l’effondrement de la société.

Les justiciables doivent aussi porter plainte au conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Organe régulateur, il a pour mission de veiller au travail des juges et à la distribution de la justice dans le pays.

La justice élève une nation lorsque le juge s’élève à la dimension de la justice qu’il est appelé à rendre à la nation. Lorsque la politique se mêle à la justice, les juges ne font que se détruire et détruire la société.

Dr. Fred Jasmin

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