Trois questions pour désosser le mal haïtien

Trois questions pour désosser le mal haïtien.

Le mal, ici, renvoie à un ensemble de cheminements, de bouleversements catalogués, émoustillés fortuitement ou délibérément et qui constituent le canal des gémissements du peuple haïtien. Vu sous cet angle, le mal haïtien ne peut être qu’un agencement historique. Il est donc le mal concocté par les haïtiens contre Haïti.

Les théoriciens du mal s’entêtent à longueur de journée à se demander d’où vient ce maudissement et pourquoi il existe. En politique, contrairement à la philosophie, ausculter un fait est au prime abord, s’efforcer à le disséquer et les problèmes y relatifs à les débrouiller.

Le mal haïtien est radiographié et exploré aux plus grands laboratoires de pensées. Malheureusement, il ne fait que perpétuer.

Ce mal est – il infini?
Si sa fin est problématique, on connait, au moins, avec affermissement, son origine. Il tire sa naissance depuis la décision d’engendrer, sur ce coin de terre, un peuple dit haïtien.
L’énigme est loin d’être la terre mais passablement les hommes. Les dominicains se fixent également sur cette même parcelle. Pourquoi se placent – ils sur le chemin de l’accroissement tandis que nous autres, nous barbotons encore à la case départ voire nous patinons à reculons?

Trois questions s’imposent pour bien écaler le mal haïtien.

1) Pourquoi devient – on si affreux quand on est dirigeant en Haïti ?

Du despotisme à la démocratie, de l’empire, la monarchie, le royaume jusqu’à au régime présidentiel, le pays a fait l’apprentissage d’une kyrielle d’expression de gouvernance. Les aboutissements demeurent, malgré tout, déchirants et fallacieux.

Le mal haïtien vient de la malignité de ceux qui ont pu bénéficier de la clémence de la nature et qui ont pu orienter la destinée de ce peuple.
La situation nocive du pays invite tout homme doué de raison à se demander pourquoi les dirigeants haïtiens sont – ils si méchants?

Le coup d’épingle du politicien haïtien prend sa forme au matin où celui-ci se résout de s’engager dans la vie politique. Dans les sociétés fondées sur les principes et les valeurs, la politique est une carrière dans laquelle l’homme ou la femme assoiffé (e) de participer à l’organisation et la planification de l’existence d’une société se lance. En ce sens, le dirigeant gouverne selon les lois et prend les décisions de taille à faire brusquer son pays. Et suivant la morale politique, le politicien jette l’éponge dès que l’insuccès est indéniable. Ces deux obsessions: le dessein de mettre le pied à l’étrier et la détermination de prendre des décisions prodigieuses, font quotidiennement les honneurs de l’homme ou la femme politique. En ce sens, la politique devient une indubitable carrière. Le politicien est comme le médecin, l’ingénieur, le journaliste….. chacun épouse son champ et concourt, à sa façon à l’adoucissement de la société.

Malheureusement, en Haïti, la politique est une alternative de sauvetage économique. A l’instar du peuple, le politicien est tout aussi chancelant. Sa réussite dépend d’un séjour au parlement, à la primature ou au palais national. Sans façonnement, parfois académique, l’unique souci du modèle politique qui court sous nos yeux, est d’abonnir ses conditions socio-économiques. Les décisions dictées se trouvent motivées par les intérêts chétifs. Le peuple qui porte sur ses épaules le chargement des élections est colloqué au second plan. Personne ne s’embarrasse de sa misère, de son chômage, de l’abrègement de l’environnement…
L’unique motivation est de s’enrichir et ensuite s’enfuir. Voilà Pourquoi, au lendemain de chaque mandat, Haïti charpente de nouveaux millionnaires pour l’étranger.

Deux determinants sont élémentaires pour décrypter le politique haïtien: il exile sa famille si celle-ci n’était pas déjà à l’étranger, il devient plus riche au terme de son mandat.

Personne ne s’hasarde à soupçonner une Haïti où les politiciens choisiront de vivre. L’Haïti du dirigeant est ailleurs mais pas en Haïti. Et à juste raison, que chaque haïtien s’évertue à scruter farouchement l’autre Haïti en République dominicaine, aux USA, au Canada, au Chili, au Brésil… Et le mal haïtien guette de perpétuer.
Le mensonge et la tromperie sont les armes prépotentes du dirigeant haïtien. Ces deux composantes amènent à la deuxième interrogation pour décortiquer notre mal.

2) Pourquoi le peuple haïtien devient – il si dupe?

La politique transmute le cerveau de l’homme haïtien. Puisqu’elle dicte aussi les conduites sociales, la politique démolit notre perception. L’haïtien qui respire en Haïti, à force de chiffrer les pas de clerc des dirigeants acquiescent avec agrément tout est qui est pernicieux à l’entendement.
De jour en jour le peuple s’engloutit dans la feintise et maintenant s’y sent bien commode. Lequel de ceux- là qui ont canalisé la destinée de ce peuple peut – il s’arroger le droit de dire qu’il ne l’a pas couillonné , rien que pour accroître sa fortune?
La santé, l’éducation, l’environnement, l’emploi, l’énergie, l’état de droit… sont autant de priorités toujours étalées. Et puisque, dans ce pays tout n’est que priorité, tout peut aussi servir de passerelle pour s’enrichir.

Pourquoi le peuple continue – t – il à se laisser échauder?

Toujours assoiffé de voir ses conditions se bonifier, il espère et court vainement après un sauveteur.

La situation du peuple haïtien est gémissante. Si ailleurs, les regards sont tournés vers l’avenir, ici l’haïtien garde uniquement, dans le passé ses délicieux souvenirs. Le présent est toujours pire et l’avenir est hypothétique.
Voilà ce qui pousse à la troisième interrogation.

3) existe – t – il une chance pour Haïti?

Puisque l’Haïtien est le mal d’Haiti, la résolution de la crise haitienne doit conséquemment transiter par l’Haïtien. La prise de conscience nationale doit accoucher l’assassinat de l’haïtien – étranger qui hante chaque fils de ce pays. L’haïtien se croit toujours en exil chez lui et cherche même dans le voisinage une terre d’accueil.
L’homme haïtien est un exilé dans sa tête et dans son corps.

Haïti empruntera la voie de la stabilité et du développement le jour où chaque haïtien choisira Haïti comme sa terre d’accueil dans son périple éternel pour l’exil.

Dr. Fred Jasmin

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